Compte rendu du voyage de l’équipe de basket-ball « ALOHA unifié »

 

www.aloha-sport.org

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Vendredi 14 mai 2004

 

10h30, Cité du Genévrier, une partie des joueurs, les coachs et la directrice nationale de Special Olympics prennent le départ direction Genève. A l’aéroport nous retrouvons rapidement les autres joueurs venus en train mais il en manque un…

La ronde des natels commence. Angelo a manqué le train et lutte contre la montre pour nous rejoindre juste à temps pour l’embarquement. Ce retard a tendu toute l’équipe mais le plaisir du départ prend finalement le dessus.

Le vol se passe sans problème, juste au-dessus d’une dense couche de « crème fouettée ». Superbe baptême de l’air pour Toni qui n’en revient pas de la simplicité avec laquelle nous voyageons dans les airs…

Quelques heures d’attente à Athènes nous donnent l’occasion de visiter l’aéroport de fond en comble. Peu à peu d’autres délégations arrivent qui attendent le même avion que nous : l’Espagne, la Hongrie, ainsi que quelques villes grecques.

Premiers contacts : « Tu viens d’où ? Tu parles anglais ? grec ?... Ce sont des moments que j’aime

Le 2ème vol, retardé de près d’une heure, est juste un peu plus troublé que le précédent, encore pas assez au goût de certains…

Quelques volontaires nous attendent malgré l’heure tardive, nous aident à rassembler nos bagages et nous conduisent aux bus qui nous mèneront à notre hôtel. Vision de rêve, notre logement semble très luxueux, deux piscines éclairées brillent dans la nuit. Yolande s’occupe des accréditations et vers 1 heure du matin, chacun peut rejoindre sa chambre et se couler dans un sommeil bénéfique bercé par le bruit de la mer toute proche.

 

 

 

Samedi 15 mai

 

Nous découvrons avec émerveillement notre hôtel et la vue sur la mer et le long de la côte sur Faliraki, station balnéaire qui nous accueille. Le buffet du déjeuner est non seulement superbe, mais fort apprécié car nous n’avons pas eu grand-chose à nous mettre sous la dent hier. Angelo peine à se réveiller et à s’intégrer au groupe, il est grand temps qu’il s’y mette.

 

 

En attendant le départ pour Rhodes, nous découvrons l’ampleur de la manifestation. Nous sommes déjà plusieurs centaines de personnes et les délégations continuent d’arriver. Au total il n’y aura pas loin de 2000 athlètes pour cette semaine de festival. C’est une file d’une dizaine de cars escortés par la police qui se dirige vers le centre de Rhodes. Nous sommes déposés près du port, à l’une des entrées de la vieille ville où nous attendons l’arrivée de la flamme olympique.

 

Après plus d’une heure, un mouvement de foule se dessine en direction d’une place à l’intérieur des remparts. Quelques anciennes voitures apparaissent avec semble-t-il quelques personnalités importantes. Portée par un athlète, la flamme apparaît en haut d’un escalier, puis elle est happée par la foule et disparaît. Tout s’est passé si vite que nous n’avons presque rien vu. Dommage.

Nous partons rôder dans les ruelles de la vieille ville toutes plus belles et attirantes les unes que les autres. Des portes ouvrent sur des coures intérieures fleuries ; les scooters disputent les ruelles pavées aux touristes ; échoppes et bistrots se succèdent.

Nous sommes attendus dans une taverne pour un repas typiquement grec…excellent, quelques noms pour vous mettre l’eau à la bouche :

En entrée : l’incontournable salade grecque avec tomates, oignons, concombre, feta et olives

Puis quelques plats froids : tzatziki (concombre et yaourt) skordialia(pommes de terre et champignons réduits en purée froide) tarama (sorte de crème d’œufs de poisson) un vrai régal.

Le plat de résistance ressemble à des lasagnes, mais fait avec des macaronis et épicé de façon très particulière, un peu doux mais tout de même relevé.

Comme dessert du Halvas sorte de semoule très douce…

L’accueil est chaleureux et c’est bien volontiers que nous laissons trace de notre passage dans le livre d’or et posons pour la « photo de famille ».

Sur le chemin du retour, Angelo s’arrête inopinément pour faire des achats et se perd…45 min de soucis à le chercher et l’attendre…c’en est trop ! Cette fois il entend notre colère !

Quelques heures de détente à l’hôtel, réunion de coaches pour préparer les divisionning de demain, rencontre des chefs de délégation et, nous voilà partis pour la cérémonie d’ouverture qui va se dérouler dans le stade antique de Rhodes. Nouvelle colonne de cars escortés qui nous emmènent à la colline de Monte Smith sur laquelle se trouvent plusieurs vestiges de monuments antiques. L’un d’eux, le Stade construit vraisemblablement au 2ème siècle avant J.-C dans un vallon naturel, a été restauré et sert de cadre à de nombreuse manifestations dont des concerts. Aujourd’hui c’est aux couleurs de Special Olympics qu’il vibrera.

 

Nous assistons à une cérémonie très particulière avec un défilé de drapeaux, ce qui ne se fait habituellement jamais chez Special Olympics et une interminable suite de

discours, 14 au total soit plus d’une heure et demie de congratulations en grec… Fort heureusement, l’entrée des délégations et l’arrivée de la flamme olympique restent les moments les plus émouvants de cette soirée. Cela a traîné si longuement que les délégations, fatiguées quittent les lieux avant même la partie récréative destinée en priorité aux athlètes.

 

 

 

Dimanche 16 mai

 

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’Olivier, un peu mélancolique tout de même de le fêter loin de sa famille, il appréciera très fort le petit moment qui lui sera consacré au souper.

 

Mais avant cela il nous faut penser basket : les divisionning, ce sont de petits matchs entre les différentes équipes qui doivent permettre à l’œil exercé des responsables techniques du tournoi de repérer quelles équipes sont de capacités sensiblement égales et les regrouper en catégories.

 

Le petit déjeuner est à 6h30, le choix est si varié qu’il est parfois difficile de ne pas surestimer son estomac… A 8h, départ en bus pour Kremasti où se trouve la salle de sport que nous occuperons pour le tournoi des équipes unifiées. Il fait beau, durant le trajet en car nous repérons quelques routes, un troupeau immense de chèvres, quelques superbes maisons blanches perchées sur des collines dénudées, un terrain militaire solidement gardé. La région est passablement vallonnée avec quelques splendides perspectives sur la mer et les côtes turques.

 

Il y a 9 équipes unifiées : Athènes, Aixa’s (de Grèce aussi), la Chine, la Hongrie, La Serbie-Monténégro, la Macédoine, la Jordanie, le Liban et la Suisse.

Les règles édictées par SO pour le divisionning sont très claires : c’est le 5 de base qui commence puis peu à peu tous les joueurs doivent entrer dans le match et chacun est prié de donner le meilleur de lui-même, afin d’avoir une idée la plus précise possible de ce que sera la compétition. Nos joueurs ont été admirables et ont vite compris qu’ils allaient devoir sortir le grand jeu pour être à la hauteur. Ils ne se sont pas posés de questions, je crois qu’ils se réjouissaient tellement de ce tournoi qu’ils ont donné tout leur savoir.

 

Les matches sont rapidement disputés et après quelques minutes de délibération la composition des catégories est donnée. Nous sommes en première division avec la Chine, la Hongrie, la Serbie-Monténégro et Athènes. Nous savons que cela sera dur et avons une hésitation à demander d’être dans l’autre catégorie, mais au vu de ce que nous avons pu observer des autres équipes, cela nous semble possible et surtout plus bénéfique à la progression de notre équipe. C’est Ok nous acceptons la décision.

Nous n’avons pas le temps de réaliser ce qui nous arrive que déjà nous devons jouer le premier match contre la Chine.

Il ne nous faudra que quelques minutes pour nous apercevoir que la Chine qui a perdu 6 à 0 contre la Hongrie n’est pas la même équipe que celle que nous venons de voir dans le divisionning… Tout à coup, cela va très vite et les joueurs partenaires sont si grands et si habiles qu’ils récupèrent tous les ballons, les font monter et donnent aux autres qui attendent bien sagement à proximité du panier… La tricherie est trop flagrante, le public et les officiels le remarquent très vite aussi et soutiennent nos joueurs. Quelques gestes remarquables font se lever les spectateurs. Nous avons largement perdu, mais la solidarité et le jeu de notre équipe ont conquis la salle. C’est une belle victoire pour nos joueurs…

 

Peu avant 15h nous sommes de retour à l’hôtel, juste assez tôt pour le repas de midi.

L’après-midi est libre et chacun profite à sa guise du bar, de la terrasse, du super marché, de la piscine ou de la mer… Après le souper, quelques animations au Tropicana Bar retiennent les athlètes jusqu’au cœur de la nuit.

Lundi 17 mai

 

Aujourd’hui, le programme nous offre la possibilité d’aller à l’aquapark, mais nous réussissons à convaincre nos joueurs d’aller explorer l’un des sites historiques de Rhodes.Chacun s’étant rassasié au copieux buffet du déjeuner, nous nous installons au bord de la route pour attendre le bus pour Rhodes. De l’autre côté de la roue passent 1bus…2 bus…3 bus en direction de Lindos (bourgade située au centre de la côte est de l’île). De notre côté…toujours rien, puis un vus archi plein dans lequel il est impossible de monter… Finalement, nous décidons de prendre le prochain bus qui arrive, qu’il aille à Rhodes ou à Lindos… Ce sera Lindos !

Après dix minutes de pourparlers sur le prix du billet, nous voilà tous embarqué. Un coup d’oeil sur le guide nous apprend que Lindos situé à près de 50 km de notre hôtel, est un pittoresque village au pied d’une acropole, bordé de deux ports naturels et occupant un point stratégique de l’île. Lindos fut d’ailleurs l’un des premiers lieux habités de l’île, des découvertes archéologiques attestent même d’une présence au néolithique, c’est-à-dire environ trois mille ans avant Jésus-Christ.

Bien que notre bus emprunte la route principale desservant la côte est, il fait de fréquents détours dans la campagne ou le long de la mer pour desservir les villages et stations du littoral. Son trajet ne doit pas être très clair car nous nous trouvons à un moment donné deux bus stoppés au milieu d’un carrefour à échanger des passagers ayant pris la ligne dans la fausse direction… Les chauffeurs, qui n’arrêtent pas de se parler par radio font cela avec une telle gentillesse que nous en avons bien ri.

Le paysage, assez montagneux nous offre de superbes points de vue sur des criques idylliques où se lovent quelques stations balnéaires. Des noms comme Archangelou nous font rêver…

 

Arrivés à Lindos, nous laissons notre directrice régler par natel quelques problèmes de bureau puis nous nous dirigeons vers l’acropole. Un chemin fait de galets lissés par la foule des visiteurs nous mène à mi-hauteur de la colline où nous pénétrons dans l’enceinte du lieu. Les quatre niveaux des ruines actuelles sont autant d’époques représentées ici, autant de civilisations venues occuper l’île. De l’époque byzantine restent des citernes et une barque taillée dans la pierre ; de l’époque des chevaliers le mur d’enceinte ainsi que quelques tours ; à l’étage au-dessus quelques vestiges romains puis, par la galerie hellénistique et un large escalier, nous débouchons au sommet de l’acropole face au temple d’Athena qui domine la mer. Assis parmi ces vieilles pierres, nous nous laissons pénétrer par l’atmosphère chargée d’histoire.

 

Ensuite chacun aura le temps de flâner dans le village qui regorge de boutiques où nos joueurs feront leurs achats de souvenirs.

Retour dans un bus bondé, mais là encore nous avons pu vérifier l’amabilité du chauffeur qui a changé de route pour nous déposer devant notre hôtel. Merci !!

 

Les animations du soir attirent nos joueurs, mais ils iront coucher tôt, en prévision de la journée de compétition qui nous attend le lendemain.

 

 

 

Mardi 18 mai

 

Aujourd’hui, c’est LA journée de basket…

Départ à 9h. pour Kremasti où nous aurons 2 matches à jouer, l’un contre Athènes, l’autre contre la Serbie-Monténégro. Yolande nous accompagne, prête à coacher à sa façon, mais surtout mascotte de l’équipe qui veut lui montrer ce qu’elle sait faire.

Dès les premières minutes du match, nous réalisons que l’équipe d’Athènes contre laquelle nous avons fait jeu égal en divisionning est méconnaissable. Il va falloir élever notre jeu au-delà de son plus haut niveau pour tenter de grappiller quelques points. D’autre part, les joueurs unifiés doivent retenir leurs shoots car ils ne peuvent marquer plus de 30% des paniers. Les joueurs vont chercher si loin dans leurs réserves que les paniers ne rentrent pas et, comble de malchance, Yannick se blesse lors d’un changement de direction. Sa cheville double immédiatement de volume et s’en est fini pour lui de la compétition. Quelle déception !! Yolande l’accompagne à l’hôpital dans une ambulance sommaire qui le long du chemin s’arrêtera pour livrer du pain…Diagnostique : ligaments à la limite de la rupture…le voilà condamné à bronzer au bord de la piscine, douleur en prime…

Pour lui, l’équipe va livrer un superbe match contre la Serbie-Monténégro. C’est dans ces moments que nos gars savent montrer leur solidarité et aller chercher au plus profond d’eux-mêmes ce qu’ils peuvent donner de meilleur à l’équipe. D’abord très rude, le match s’est un peu équilibré après la blessure malencontreuse de l’un des joueurs unifiés de Serbie.

Le temps s’est un peu gâté et par moment des trombes d’eau nous inondent. Les joueurs auront l’après-midi libre pour se reposer ou pour profiter des nombreuses attractions de l’hôtel. Quant à nous, nous irons en ville pour acheter de quoi refroidir la cheville de Yannick et faire quelques emplettes.

Ce soir à nouveau une disco anime la plage et à 22 h. nos athlètes iront se coucher pour se préparer au match du lendemain qui sera notre dernier de ce tournoi.

 

Mercredi 19 mai

 

Dès 8h30 nous retrouvons toutes les équipes unifiées dans la salle de Kremasti. Les contacts entre joueurs des différents pays s’intensifient, quelques T-shirts sont échangés, mais très vite vient l’heure de notre dernier match.

Nos joueurs y croient, ils ont la rage, ils veulent absolument une victoire…mais devant l’immensité des joueurs partenaires qui récupèrent toutes les balles et l’impossibilité de pénétrer sous la raquette, la pression qu’ils se sont mise leur joue des tours : quelques uns se découragent et baissent les bras…

Pierre va chercher dans le tréfonds de ses ressources les mots qui rassurent et redonnent contact avec leurs potentialités. Cela finira par payer et dans le dernier quart-temps ils retrouveront leur basket magique, celui qui leur appartient, celui qui fait leur harmonie et leur beauté.

Ce chemin parcouru est largement suffisant à faire de ce tournoi, au-delà des résultats chiffrés, une fantastique victoire. C’est une victoire d’équipe qui donne à chacun de la valeur, c’est une victoire mentale qui ouvre sur l’envie d’aller de l’avant et fortifie intérieurement. Aucun geste de dépit ou de découragement, ils ont conscience d’avoir accompli un exploit en élevant leur jeu au niveau des équipes rencontrées. Ils réalisent le privilège qui leur est accordé de pouvoir vivre une pareille expérience.

 

Nous passerons le reste de la matinée à suivre les derniers matches de chaque équipe du groupe 1 et 2, jusqu’à la cérémonie de remise des prix.

Je suis toujours très impressionnée par l’émotion qui se dégage d’une telle cérémonie. Quel que soit le rang obtenu, je lis, l’espace d’un moment sur le visage de chaque athlète dignité, fierté et bonheur.

En fin de journée, nous aurons l’opportunité d’assister à la finale de la première division masculine. Deux équipes grecques s’affrontent, le match est soutenu, beau à voir, d’un niveau que nous ne connaissons pas en Suisse dans le basket adapté. L’ambiance est chaude, la température aussi !..

 

 

Dans la soirée nous aurons l’occasion de nombreuses discussions avec les responsables suisses, européens et mondiaux du basket adapté et unifié. Leur regard sur la compétition que nous avons vécue avec ALOHA unifiée nous réconforte. La philosophie de Special Olympics est bien celle que nous avons comprise même si elle est peu appliquée et mal entendue auprès des équipes que nous avons rencontrées. Nous sommes qualifié d’équipe modèle et les dirigeants souhaiteraient que nous puissions aussi souvent que possible montrer ce que nous faisons et expliquer l’état d’esprit dans lequel nous travaillons. Quelle splendide reconnaissance !..

 

Jeudi 20 mai

 

Le programme d’aujourd’hui prévoyait des jeux organisés sur la plage. Nous nous retrouvons donc au bord de l’eau et attendrons toute la matinée de plus amples informations sur la fête prévue…mais…rien…

 

Je profiterai de cette longue attente pour demander à chaque joueur de me raconter son séjour à Rhodes, ses rencontres, ses souvenirs et ce qu’il en a retiré. Vous trouverez plus bas l’intégralité de leur réponse qui en dit long sur la valeur d’une telle expérience.

Finalement, quelques uns sont resté à la piscine de l’hôtel et d’autres nous ont accompagnés dans un dernier tour à la vieille ville de Rhodes. Nous nous sommes baladés, avons flâné dans les boutiques et bu un jus de fruit sur une petite place. C’est vraiment un beau coin à cette saison où la ville n’est pas encore submergée par le flot des visiteurs.

 

De la cérémonie de clôture, nous n’avons quasiment rien vu si ce n’est quelques personnalités se congratulant sur une estrade. Dommage, les athlètes ont à nouveau été oubliés de cette cérémonie. Nous ne traînerons pas car la nuit sera courte, le bus nous attend à 5h demain matin pour nous mener à l’aéroport.

 

Vendredi 21 mai

 

Voir autant de monde si tôt le matin à l’aéroport de Rhodes ne doit pas être monnaie courante, mais les formalités sont vite remplies, Yannick et ses cannes emmenés en chaise roulante dans les couloirs qui évitent les escaliers et pas trop réveillés encore, nous embarquons pour un vol très calme en direction d’Athènes.

Nous retrouvons les bars de l’aéroport d’Athènes qui nous feront patienter les 3 heures de notre escale. Et voilà notre dernier saut de puce par-dessus l’Italie et les Apes.

C’est avec une joie à la hauteur de notre étonnement que nous découvrons le « fan’s club » qui nous attend à Genève ! Comme il est bon de se sentir accueilli.

Quelques-uns nous quittent déjà là pour prendre le train, les autres embarquent dans le bus piloté par Bernard qui nous emmène à la Cité. Une pluie torrentielle s’abat sur nous au moment où nous sortons les bagages et c’est comme  un troupeau de poules que nous nous dispersons dans les voitures sans même avoir eu le temps de se dire au revoir et merci pour cette fabuleuse semaine passée ensemble.

 

 

Place maintenant au récit de chacun des membres de cette mini-délégation.

 

YOURI

 

 « C’était bien joli… » J’ai apprécié l’hôtel, nous avons été bien accueillis et la nourriture était bonne.

Les spectacles du soir, la piscine à l’hôtel… c’est la première fois que nous sommes dans un endroit comme ça avec le basket. La cérémonie d’ouverture c’était bien, surtout l’arrivée de la flamme olympique, c’est beau et c’est important.

La visite de Rhodes, c’était super et puis Lindos aussi, c’est parmi mes plus beaux souvenirs d’ici

Le basket, c’était bien, mais dur parce que nous n’étions pas de même niveau. Je ne m’attendais pas à voir des équipes qui viennent de si loin comme la Chine par exemple. J’ai vu pas mal de choses dans les autres équipes qui vont beaucoup plus vite que nous. Il y a une énorme différence entre le championnat suisse et ici…

Mon objectif c’est de monter alors quand on perd tout, j’ai quand même envie de me battre. L’équipe c’est important

J’ai rencontré beaucoup de monde, des belges, des français des marocains et les animateurs de l’hôtel.

C’était bien organisé, c’est la première fois que je viens en Grèce et j’aimerais beaucoup de tournois comme ça !!!

 

JEROME

 

Il y a plein de gens que l’on peut connaître, se faire des amis. L’hôtel est splendide, nous sommes bien accueillis et je m’amuse superbement bien.

 

Pour le basket, je suis déçu que nous ayons perdu tous les matches. Ce n’est pas facile mais il faut se battre…Je ne fais pas un plat du fait que des équipes ont triché. J’aime bien être dans la première équipe d’ALOHA, c’est génial. Je n’ai pas l’impression que nous sommes différents des autres équipes.

Pendant le tournoi ici, j’ai appris à mieux regarder le match, à être attentif à bien me mettre à la place que Pierre me donne quand il me fait remplacer. Je me sens bien dans l’équipe.

Mon plus beau souvenir c’est l’arrivée ici, c’est de découvrir dans la nuit la splendeur de la piscine éclairée et les chambres de l’hôtel.

Les gens ne parlent pas la même langue, mais je me débrouille comme je peux pour entrer en contact.

La Grèce, c’est un pays magnifique, splendide, plein de plages et de beaux paysages.

 

YANOS

J’ai beaucoup aimé la ville de Rhodes, surtout le mur, la vieille ville avec ses monuments. Il y a eu un défilé de vieilles voitures.

On a été voir l’acropole à Lindos. Il y avait un vieux bateau sur un mur, un vieil escalier, des maisons toutes blanches. On est monté, monté, monté les escaliers jusqu’en haut.

J’ai aimé la cérémonie d’ouverture dans le vieux stade, c’est un vieux coucou, un peu des ruines…. Dans ce stade, j’ai pensé au fait que c’est les grecs qui ont inventé les Jeux Olympiques.

On est une belle équipe sur le terrain, mais les équipes de l’autre côté, elles sont fortes, rapides et ont une belle défense. Les autres équipes ont plus de joueurs unifiés. J’aimerais bien que nous ayons un 3ème joueur unifié.

 

Je pense que j’ai un peu progressé durant ce tournoi. C’est bien d’être en unifié, on joue mieux, on a une belle stratégie. Sur le terrain, je suis des fois au centre, des fois à l’aile, des fois derrière.

J’ai aimé l’ambiance de la finale masculine que nous sommes allés voir.

J’ai du plaisir à être avec mon équipe en dehors des matches aussi.

Rencontrer des gens c’est super, on peut causer. Bon…l’anglais c’est pas mon truc…j’apprends un petit peu et…je cause avec les mains…

 

 OLIVIER

 

C’était bien, le pays m’a plu. J’ai beaucoup de plaisir d’être ici.

Les filles grecques sont plus timides que les polonaises…

Le basket…c’était une belle expérience qui nous fait progresser. C’est les autres équipes qui nous font progresser.

Mon plus beau souvenir, c’est la visite de Lindos

J’ai pu voir d’autres gens, j’adore ça.

Le paysage ? Il y a des arbres partout, c’est des autres arbres que chez nous, des palmiers ;

les routes sont grandes, c’est quand même différent…

 

ANGELO

 

J’étais pas sérieux au début de la semaine, j’arrivais toujours trop tard. Mais ça m’a servi de leçon : être à l’heure, c’est important.

J’avais la pression, c’est nouveau pour moi, c’est la première fois que je pars si loin avec vous. J’avais un peu peur de l’avion avant le départ.

Pendant les entraînements, j’ai pas cette pression, je joue décontracté, en match, je me mets trop de pression. Les jours de compétition, il faut être au top (physique, mental, adresse). Moi j’avais pas pu m’entraîner comme il faut car j’ai été blessé.

Il faut bien faire la différence, c’est sur le terrain qu’il faut montrer à l’entraîneur qui on est. Hier à la finale qu’on est allé regarder, j’ai vu que les basketteurs donnaient tout ce qu’ils ont. Le basket, c’est sérieux, c’est pas une blague et ici c’est un niveau au-dessus du basket qu’on a en Suisse. Ce tournoi m’a fait progresser mentalement.

 

L’hôtel c’est super, il y a beaucoup de choses pour s’occuper : la plage, la piscine, les animations. Le soir il y a de la musique, une disco, on peut danser, s’amuser. La nourriture est très variée et il y a beaucoup de choix. Ils ont bien choisi l’hôtel.

J’ai bien aimé la vieille ville de Rhodes, il y a beaucoup de petites boutiques. Les gens ici vivent principalement du tourisme comme chez nous en Sicile. Nous avons pu goûter des spécialités grecques.

J’ai apprécié Lindos, on avait beaucoup de temps pour voir les boutiques. J’ai fait beaucoup de photos de l’acropole, on avait une belle vue. Je me souviens toujours de Paris, c’est un des plus beaux souvenirs de ma vie avant de venir ici.

En tout cas, je veux vous remercier pour ce voyage. Je ne trouve pas les mots pour vous remercier de ce que vous faites pour nous.

 

 

TONI

Journées géniales toute la semaine ; organisation bien faite ; hôtel bien, on y mange très bien ; on passe des vacances géniales… J’ai eu plein de contacts avec les animateurs, il y en a 2 qui viennent de Suisse allemande.

 

Je suis un peu déçu du tournoi…s’il n’y avait pas eu de tricherie, ç’aurait été un bon tournoi.

Moi, j’ai vraiment donné le meilleur de moi-même, mais j’ai pas assez de physique, il faudrait que je le travaille. J’aimerais plus apprendre la technique des autres, il y a des gestes que j’ai vus.

Nous on joue en équipe, les autres jouent personnels. Dans les autres équipes, ils sont 2 à chercher le ballon et ils ne le donnent pas aux autres, alors que nous on est tous regroupés pour venir chercher le ballon.

J’ai progressé dans le jeu, je dois encore moins râler quand Pierre me dit quelque chose…

Je m’attendais à ce que ce soit dur, mais pas aussi violent.

 

Merci de m’avoir permis de venir en Grèce, car c’est gros pour moi…c’est mon premier avion et la première fois que je voyage seul, sans ma famille. J’espère que ce sera plus souvent.

 

 Yannick

Mes impressions sur ce tournoi sont très mitigées. C’est vrai que Rhodes est une très belle île et que notre séjour était sympathique, mais la compétition s’est révélée décevante. Pour moi, le basket que j’ai vu durant trois jours ne valait rien. Notre équipe était le seule à avoir joué le jeu et à avoir vraiment compris le concept « unifié », mais ce fut aussi la seule à avoir reçu des déverrouillées.

 

 

MICHAEL

 

Tristesse, déception : voici les mots qui exprimèrent mon amertume face à l’expérience sportive de Rhodes. On m’avait dit que la tricherie était aussi présente dans le milieu de Special Olympics, mais ce fut au-delà de mon imagination. Comment peut-on en cinq minutes d’un match de divisionning détruire tout ce en quoi je crois au plus profond de mon âme, toutes les valeurs que véhicule le basket-ball : le respect, l’intégrité, la franchise, le fair-play. Tout cela balayé en cinq petites minutes. Mais grâce aux diverses rencontres faites durant ces quelques jours et à l’attitude de mon équipe, je suis d’autant plus conscient que nous sommes sur la bonne voie et je ne peux que souhaiter que d’autres fassent de même.

 

 

POUR CONCLURE : LE MOT DE L’ENTRAINEUR

 

Je rentre de Rhodes avec le même sentiment  qu’il y a 9 ans à New Haeven, et les mêmes questions :

Est-ce que je suis juste dans le travail que je fais avec ALOHA Unifiée ?

Pour moi, l’esprit de Special Olympics concernant la philosophie d’une équipe unifiée est très bon. J’ai bâti cette équipe avec l’idée de respecter les uns et les autres, des les faire progresser ensemble. J’ai souhaité que les joueurs partenaires et les joueurs handicapés se rencontrent, partagent et découvrent autour de la sphère orange.

Ce que j’ai vu à Rhodes des équipes unifiées avec lesquelles nous avons joué est très loin de ressembler aux préceptes de Special Olympics. Le tournoi a été très dur pour ALOHA mais je sais avec quelle force, quelle volonté, quel respect ils sont allés au bout d’eux-mêmes. Je les ai vus aller chercher au fond d’eux ces petites choses qui font des difficultés une victoire sur leurs peurs, leurs craintes de ne pas être à la hauteur.

 

La récompense est venue des responsables européens et mondiaux du basket adapté qui nous ont reconnu comme la seule équipe unifiée selon les règles de Special Olympics. Ils nous ont trouvés harmonieux et complémentaires.

Ils nous ont remercié pour notre beau jeu et pour l’esprit d’équipe et de complémentarité qui habite chacun des membres d’ALOHA unifiée. Chacun a sa place, son rôle. C’est ensemble que nous défendons et ensemble que nous attaquons.

De cette expérience, chacun a pu voir le chemin parcouru et tout ce que nous avons encore à travailler, élaborer, progresser. Cela, je l’ai constaté immédiatement à la rentrée de ce voyage dans les entraînements qui ont suivi.

 

Je voudrais terminer ce petit mot en vous remerciant Toni, Yanos, Yannick, Angelo, Jérôme, Olivier (dit la Grenouille), Michaël et Youri pour ce que vous me faites vivre, vibrer, chercher.

Je vous souhaite encore plein de moments comme ceux-là. Alors, allons-y, cela viendra, de belles choses nous sont promises encore.

 

 

Juin 2004, E.F.