| Le journal d'Evelyne et de Pierre | Cliquez sur les photos pour les agrandir |
Journal de Shanghai, suite et fin
Notre journal quotidien s’est brusquement arrêté la veille de notre départ. Voilà près d’une semaine que nous sommes rentrés et il nous paraissait important de compléter nos écrits de là-bas par quelques mots après notre retour. De plus, il va nous falloir du temps pour digérer nos émotions et pouvoir réaliser ce qui nous est arrivé.
Jeudi, notre dernier jour à Shanghai avant de reprendre l’avion à 23 h 30, nous sommes partis en ville pour sentir encore un peu l’atmosphère de cette ville tentaculaire et attachante. Nos volontaires nous ont emmenés faire une balade dans le train magnétique qui relie aujourd’hui le quartier de Pudong à l’aéroport sur près de 30 Km. Voyage dans le futur puisque ce train nous a emmenés à 431 Km à l’heure, effectuant le trajet de 30 km en 8 minutes, dans un silence et un confort incroyables. Nous avons été bluffé par cet exploit technique. Ce train sera prolongé pour l’exposition universelle qui aura lieu à Shanghai en 2010.
Puis nous avons changé d’univers en allant visiter dans le vieux Shanghai, un jardin extraordinaire datant des empereurs chinois. L’harmonie entre les bâtiments construits dans un bois magnifique et les arbres taillés avec un soin et une précision toute asiatique est d’une beauté à couper le souffle. De plus c’est un coin unique de douceur et de silence au milieu de cette monstrueuse mégalopole. Il a été difficile de s’arracher à cette magie et aux commentaires éclairés de Gabriel T. qui nous a fait un cours sur la taille des arbres, lui qui apprend cela. Chacun a ensuite encore profité pour faire les derniers achats de cadeaux à rapporter aux proches.
Fangfang et ses compagnes nous ont ensuite emmenés dans un fast food chinois où nous avons été ébahis par l’incroyable choix de nourriture présenté le long d’un comptoir de près de 30m. La caissière aussi, nous a éblouis par la vitesse avec laquelle elle tapait sur sa machine.
Enfin, retour à l’hôtel vers 16 h 00, préparation du départ, dernières photos, début des larmes signalant une séparation difficile d’avec nos volontaires qui ont été bien plus qu’à la hauteur durant ces 15 jours. Ils nous ont enchanté par leur engagement, leur sollicitude, leur incroyable force de travail et par leur regard plein de tendresse et de respect à notre égard.
Puis départ pour l’aéroport où les autorités chinoises avaient organisé de manière formidable notre embarquement puisqu’elles se sont chargées du check-in sans que nous ayons besoin de passer par les guichets. Nous avons reçu notre carte d’embarquement et avons été conduits à l’avion avec un minimum de formalités. Fangfang a tenu et obtenu le droit de nous accompagner jusqu’à l’avion. Sa tristesse nous a beaucoup touché et les larmes qui coulaient montraient bien l’attachement mutuelle qui nous a lié durant ces 15 jours.
Voyage sans histoire avec escale à Dubaï. A notre arrivée à Zurich, Bernard, notre président, nous a accueilli avec émotion et des fleurs pour nous entraîneurs et un généreux en cas pour chacun. Il n’y a pas eu de réception officielle à l’aéroport, car la délégation Suisse est rentrée en deux jours, faute de place dans les avions. Et que nous nous retrouverons le 9 novembre 2007 près de Berne pour une réception officielle.
Le lendemain, samedi 13 octobre, nous avons été accueilli par le Riviera Basket qui nous a convié à son match avec Meyrin Grand Saconnex et nous avons été présentés au public avec explication du speaker sur ce que nous venions de vivre. Je crois que chacun d’entre nous a éprouvé de la fierté d’être applaudi par les joueurs des 2 équipes, leurs dirigeants et des 400 spectateurs présents. Mais que c’est encore difficile de faire reconnaître notre sport et pourtant les valides auraient bien à apprendre de la volonté de nos athlètes. Le chemin est encore long pour cela.
Quand à moi, j’ai encore beaucoup de peine à me réveiller de ce merveilleux rêve d’avoir pu emmener cette super équipe d’Aloha dans une telle aventure. Cela fait bien des années que je rêvais de les voir jouer à un tel niveau et bien maintenant c’est fait. Les équipes que nous avons rencontrées nous étaient bien supérieures et pourtant nos basketteurs ont fait jeu égal au niveau du score et ont présenté un basket de très haute qualité Ils se sont attirés la sympathie des officiels et du corps arbitral qui ont apprécié leur collectif et leur volonté d’aller au bout d’eux-mêmes. J’en veux pour preuve, lors de notre demi-finale perdue par 2 points d’écart, tout le staff arbitral, qui était sur le banc, a crié en même temps que moi dans la dernière seconde (shoote……………), mais le tir n’a pas pu partir des mains de Yannick et pourtant dieu sait si il le voulait ce shoot.
Notre équipe a fait l’unanimité dans la délégation, par sa cohésion, son esprit d’équipe, dans le soutien inconditionnel porté à l’autre équipe de Suisse. Ce n’était pas gagné d’avance de vivre ensemble durant 15 jours sans jamais se séparer et pourtant nous l’avons réussi au-delà de toute espérance.
En dehors de l’aspect sportif, il y a eu les rencontres, les essais d’entrer en communication avec des personnes dont la langue nous est parfaitement inconnue et incompréhensible. Le petit manuel édité par les Chinois a été un formidable outil pour permettre la communication. C’était très touchant de voir les efforts des uns et des autres une fois passé la barrière de la timidité et de la réserve.
Et puis pénétrer dans un stade ou 80 000 personnes vous applaudissent est un moment d’une intensité rare et inoubliable.
Et puis…… et puis………. Il y a tout le reste, les émotions, les larmes, les joies, les étoiles dans les yeux, les couleurs, les odeurs. Il y a Yao Ming, Schwarzenegger, Jackie Chan et les autres…….. Il y a Monsieur Ogi : je ne suis pas près d’oublier son chaleureux soutien apporté à Yolande, notre directrice qui le mérite mille fois, tant son dévouement est grand et authentique. Et puis des milliers de souvenirs qui donnent sens à de tels événements, je souhaite de tout mon cœur que d’autres sports de notre club, puissent un jour vivre cela, c’est trop beau, trop génial.
Pour finir, merci à nos dirigeants de ce qu’ils ont mis en place pour que le rêve s’accomplisse. Merci aux sponsors qui nous ont soutenus par leurs dons et ont ainsi contribué à ce que nos athlètes trouvent la juste récompense de leur assiduité aux entraînements et aux compétitions tant sur le plan de l’AVB que pour Special Olympics.
Ceci est la fin de notre journal, mais pas celle de notre aventure. Plusieurs d’entre nous ont ramené de nombreuses photos, nous avons reçu des DVD de notre séjour à Shongming ainsi que de la cérémonie d’ouverture des jeux. Nous aimerions partager tout cela avec vous, membres des familles et amis qui nous avez suivis et soutenus à distance durant tout le voyage. A cet effet, nous avons l’envie d’organiser d’ici quelques semaines une rencontre avec vous tous.
Entre temps, d’ici deux semaines environs, nous publierons sur le site d’Aloha quelques photos qui certes n’auront pas la qualité technique des photos officielles de Special Olympics mais représentent plutôt des souvenirs des lieux et des êtres rencontrés plus spécialement par les joueurs d’Aloha.
Alors, continuez à « guigner » le site d’Aloha à la recherche de nos prochaines nouvelles…
Mercredi 10 octobre
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| Notre hôtel à Shanghai | Un des nombreux slogans Special Olympics | Cérémonie remise des médailles | Nos médaillés de bronze | et leur coach |
Les jeux touchent tout doucement à leur fin. Nous sentons maintenant la fatigue nous envahir petit à petit et pour certains il est nécessaire de retrouver un peu de calme et de reprendre pieds dans la vie de tous les jours, bien de chez nous. Ils ont été très sollicités et ont vécu durant 15 jours une vie de star ; cela n’est pas simple à digérer et à assumer. Il leur faudra un peu de temps pour réaliser ce qu’ils ont réussi à faire dans leur sport et dans l’approche d’un monde qui ne leur est pas familier, ce qui n’était pas gagné d’avance. Ils ont eu un comportement exemplaire durant tout le séjour et se sont attirés l’amitié et le respect des volontaires qui nous ont entourés avec dignité, efficacité et je pense que je peux le dire beaucoup d’amour. Les larmes qui coulaient de leurs yeux cet après-midi durant la cérémonie de remise des médailles en dit long sur leur attachement à nos athlètes. Je dois dire que nous avons dû très peu intervenir et cela est pour nous une grande réussite.
Ce matin, nous les avons emmenés dans un magasin de sport selon leur désir, pour trouver les chaussures, les pulls ou autres babioles à emmener avec eux. Evelyne et moi avons offert à Notre Fangfang une paire de basket afin de remplacer ceux qu’elle a usés pour nous durant ces 15 jours. Un immense merci à elle, car malgré les difficultés rencontrées dans son travail, elle n’a jamais perdu son sourire et son efficacité et pourtant nous savons ce qu’elle a fait et combien d’heures de sommeil lui manquent à ce jour. Tu es adorable et as rendu notre séjour lumineux, merci.
Cette après-midi cérémonie de remise des médailles pour toutes les divisions en même temps et clôture des jeux de basket. Le choix de faire la cérémonie ainsi est trop long et fastidieux et ne met pas assez les athlètes en valeur. Heureusement des groupes ont agrémentés la cérémonie de très beaux spectacles modernes sur des musiques entraînantes et rythmées.
Puis en attendant de reprendre le bus, nos basketteurs ont échangé leurs tee-shirts ou souvent carrément donné aux volontaires ce que je trouve très juste car ils les méritaient cent mille fois, c’est notre manière de les remercier.
Maintenant il est temps de préparer nos bagages, car demain après une dernière journée dans la vieille ville, les derniers achats et une promenade surprise, nous reprendrons le chemin du retour.
Nous profiterons du repas du soir pour fêter l’anniversaire de Tony, Fangfang s’est chargée de nous trouver un gros et bon gâteau pour l’événement. Nous avons tenté de respecter un tant soit peu la coutume chinoise qui veut que le gâteau soit écrasé sur la tête de celui qui est fêté alors inutile de vous décrire dans quelle orgie a fini cette fête !
Je pense que ce sera notre dernière page du journal des jeux depuis Shanghai, nous le terminerons depuis notre chez nous pour vous raconter nos impressions du voyage et peut-être déjà arriver à vous dire tout ce qui est en nous et que nous ne pouvons encore exprimer tant les émotions sont fortes. Trouver les mots justes me paraît pour le moment impossible.
Mardi 9 octobre 2007.
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| Jérôme, supporter enthousiaste | Fangfang, notre traductrice et désormais amie. | Image d'ici | Stade de l'université Jaotong, où nous avons joué tous nos matchs | no comment |
Aujourd’hui, nous avons décidé vu que notre tournoi est terminé, d’aller voir jouer les finales de basketball et d’encourager notre consœur Suisse qui joue aussi pour la 3ème place. Nous avons assisté ce matin à de très belles finales, notamment un U.S.A. bleu classé hors catégorie car ils écrasent toutes les équipes. Le staff de basket leurs a organisé des rencontres avec des équipes de Shanghai. Ce match mettait en présence donc nos américains et l’équipe de l’université de Shanghai. Cela semblait au départ un peu déséquilibré, car les Chinois mesuraient bien quelques centimètres de plus. De plus 2 styles très différents s’affrontaient : les Chinois très posé avec un basket très technique, sobre et efficace. Les américains en vrais Show men, genre N.B.A. se la jouaient cool, décontractés. Le match un vrai petit bijou où toutes les actions soulevaient chez les spectateurs, très, très nombreux, une bronca de tous les diables. Finalement les deux teams se sont quittés sur un score vierge, c’est la seule chose que je regrette car visiblement dans la dernière minute les deux équipes se sont arrêtées de jouer se contentant de geler la balle, cela nous est apparu très politique, dommage.
Les autres rencontres, nous ont plu, par l’engagement des joueurs et la volonté de donner le meilleur d’eux-mêmes et le spectacle le plus beau. C’est étonnant de voir les oppositions de style entre les équipes nord et sud américaines qui est un jeu très aérien, très spectaculaire et le style européens beaucoup plus physique, un peu moins aérien et spectaculaire mais très efficace.
Puis se fut le tour d’Heustrich, notre petite sœur suisse allemande, nous l’avons encouragé de toutes nos forces et cela a réussi puisque ils ont battu la Chine et conquis ainsi la médaille de bronze. Nous ramènerons ainsi chaque équipe de basket une médaille de bronze de Shanghai et cela est amplement mérité, car les deux teams ont fait preuve de courage et d’une volonté que beaucoup d’équipe en Suisse doivent nous envier.
Pour moi est venu le temps de la nostalgie, car c’est la dernière fois que je coache notre équipe unifiée, dorénavant elle sera entièrement dans les mains de Samuel, je me contenterai d’être le chauffeur et de m’occuper du moral des troupes. Je laisserai la totale responsabilité de l’équipe à Samuel. Je sais qu’avec lui ils vont encore progresser.
Et puis, j’ai vu une équipe Sud Africaine unifiée composée d’enfant de 12 – 13 ans, qu’est-ce que cela me fait envie, j’en rêve depuis longtemps C’est tellement beau de les voir jouer. Qui sait si j’arrive à en bâtir une, je continuerais encore un peu le basket.
J’ai aussi bien senti aujourd’hui combien nos joueurs se sont concentrés sur le basket, cela est pour moi aussi un élément nouveau. Durant toute la compétition ils ont respecté à la lettre les consignes d’hygiène de vie que nous avons mises en place et cela s’est ressenti au niveau de la compétition. J’espère qu’ils sauront reporter cela dans leur vie personnelle car beaucoup ont dit le bien que cela leur faisait. Des gars que je trouvais souvent très dissipés, n’est-ce pas Jérôme, se sont vraiment éclatés, en réussissant à se centrer sur eux et non plus à être comment pourrais-je le dire, concierge, cela correspond assez bien.
Un immense merci à Evelyne pour nous avoir entouré en faisant le travail ingrat de présence aux meetings de basket, s’occuper de toute la logistique avec notre adorable Fangfang. J’ai pu ainsi me concentrer uniquement sur l’équipe et cela a payé.
Discussion à bâtons rompus entre Tony, Sébastien, Gabriel T. et Yanos, au fond d’un couloir
Moi ce matin j’étais déprimé à cause du match et d’histoires personnelles.
Le match entre les USA Blue et l’université de Jaotong était fabuleux, impressionnant.
Les américains ont un beau jeu collectif, le match était très serré.
J’aurai bien voulu jouer. Je m’en fous si on prend une piquette mais au moins j’aurai joué. Moi comme j’ai maintenant l’habitude de m’entraîner des fois un peu avec les joueurs de Lausanne, j’aurais pas peur de jouer avec les américains. J’aurais forcé la défense…
Ca me rappelle une extraordinaire équipe de l’Alabama que nous avons vue à New Haeven en 1995.
Aujourd’hui, j’étais chaud pour jouer, c’est dommage qu’on avait plus de match, de les voir, ça m’a fait envie de jouer.
Je suis déçu du match Luxembourg-Ouzbékistan (finale de notre division). Je suis sur que la finale aurait été plus belle si on avait joué nous.
Le Luxembourg n’avait pas la force aujourd’hui.
Le niveau des uzbeks est très haut, ils jouent presque la carotte tellement ils vont vite en contre-attaque. Mais si on sait comment ils jouent, on réagit et ils peuvent plus.
Dans le premier match, on ne savait pas la technique de l’adversaire. Au 2ème, on a trouvé leur petite difficulté mais on n’a pas réussi à 100% à la surmonter. Eux ils ont des techniques que nous on n’a pas encore.
Ce qu’ils ont en plus c’est :
- prendre le rebond et envoyer tout de suite en avant
- ils savent très bien où sont les autres et peuvent se faire des passes presque à l’aveugle
Si on enlève les shoots à 3 points, ils auraient perdu et puis c’est un peu toujours les mêmes qui marquent les paniers.
C’est bizarre que les arbitres ne sifflent pas les 3 secondes dans la raquette.
Lundi 8 octobre
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| Suisse et Ouzbekistan réunis | ALOHA à l'attaque | Toni, Yanos et Yannick sous le panier | Michaël relance le jeu | Toni au lancer franc | e |
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| Gabriel F. à l'échauffement | Echnages avnt le match | Le coup d'envoi | Gabriel T. sur le porteur du ballon | ALOHA avec sa mascotte du jour,Yolande, directrice de Special Olympics Suisse |
Suisse 32 – Ouzbékistan 34
Ce matin au lever, l’équipe est motivée comme jamais, ils savent qu’ils vont devoir repartir pour gravir une montagne, ils savent que le prix à payer pour arriver à toucher le Graal est énorme. Ils sont calmes et attentifs à leur préparation, les dés sont jetés, nous ne les avons pas voulus pipés.
Juste une explication pour comprendre ce que nous vivons autour du basket et de notre équipe. Nous avons fait le choix de rester dans ce groupe fort à très fort parce que nous pensons que c’est là que nos joueurs peuvent encore apprendre à aller au-delà de leurs possibilités et montrer du beau, du très beau basket. Nous avons conscience qu’ils peuvent obtenir une médaille en perdant ce match aujourd’hui. Mais que ferions-nous d’une médaille gagnée au rabais, en jouant avec des équipes d’un niveau très inférieur ? Cela ne nous paraît pas correspondre à notre philosophie et à tout ce que nous avons mis en place. C’est un championnat du monde, et nous sommes en finale du groupe fort, alors, allons-y. Nous devons aussi vous dire que nous avons pris match après match et qu’ils ont su qu’ils avaient gagné une médaille seulement après le jeu. Il y a eu un peu de déception car ils voulaient gagner ce match. Mais voilà, pour atteindre le sommet de l’Himalaya, il nous a manqué 2 mètres.
Pour cette rencontre, nous avions une supportrice de choix, Yolande, notre boss. C’était un excellent dopage pour les joueurs.
Le match, ils l’ont empoigné à pleins bras, ils sont allés au contact de l’Ouzbékistan, fiers de ce qu’ils savent faire et tant pis s’il nous manquait bien des centimètres pour y arriver. C’est une équipe solidaire comme jamais qui a démontré toute l’étendue de son savoir-faire et une volonté jamais prise en défaut. Aloha a développé un jeu collectif d’une très grande valeur, cela était indispensable, sans quoi les formidables individualités uzbeks nous mettaient la pâtée.
La raquette était protégée par chacun des 5 joueurs avec une détermination qui a empêché nos adversaires de pénétrer à l’intérieur, ce qui a fini par les énerver et leur faire perdre leur basket.
La première mi-temps, chaque équipe répondait, panier par panier, si bien que le score est resté très serré. Je les sentais, nos joueurs, concentrés à l’extrême, mettre leur jeu en place sans s’affoler, sans se préoccuper de la force physique développée en face. A chaque récupération du ballon, nulle précipitation, mais un ballon circulant de mains en mains afin de laisser les copains pénétrer dans la raquette et se mettre en condition optimale pour tirer dans le cercle. Le public nombreux présent ne s’y est pas trompé et il m’était difficile de leur parler dans un tel tintamarre.
Durant la première partie de la deuxième mi-temps, sans que les joueurs d’Aloha n’aient baissé les bras, les uzbeks semblaient vouloir s’envoler et prirent 8 à 9 points d’avance. Mais rien ne semblait vouloir paniquer Aloha et c’est sans s’énerver qu’ils ont entrepris de remonter au score pour revenir à un point. Nous sentions bien qu’en face, ils ne s’attendaient pas à cela et ils ont encore intensifié la confrontation physique où ils nous étaient très nettement supérieurs. Et bien, que croyez-vous que nos boys ont fait ? Ils ont redoublé d’efforts et ont maintenus nos adversaires à distance de notre panier et n’ont rien lâché. Plus les uzbeks s’énervaient, plus nous revenions à la charge, mais tout cela dans un basket champagne fait de gestes magnifiques et audacieux.
Depuis que j’ai créé cette équipe, j’avais rêvé de telles rencontres et bien, je les ai eues aujourd’hui. Merci et bravo. Il reste 9 secondes à jouer, ils ont tous compris : monter le ballon et shooter. Tout le staff d’arbitres derrière crie en même temps que moi : « Shoote, shoote !! » Malheureusement le tir n’a pas pu partir des mains de Yannick, je crois, la montagne en face ne l’a pas voulu. Je m’écroule, en larmes, c’est trop beau, trop dur, mais pas injuste, ils ont tout donné et même plus. Ils sont déçus, mais pas tristes car ils savent ce qu’ils viennent de faire, c’est énorme, et moi je suis heureux, heureux. Nous recevons des félicitations de toutes parts car notre team répond totalement à ce que peut être une équipe unifiée.
Je ne sais pas ce que cela représente à vos yeux, mais pour moi, c’est un jour merveilleux, il y a près de 20 ans que je rêvais de montrer un tel beau jeu et c’est là, c’est vrai, ils l’ont fait. Alors, regardez-les avec cet œil là, ils le méritent cent, mille fois.
Aujourd’hui la différence s’est faite au tir à 3 points impossibles à contrer vu l’adresse et la hauteur de ceux qui les effectuaient. Il y en a eu 5 ou 6 de ces tirs et ils ont fait la différence. Je remercie l’Ouzbékistan pour avoir permis de donner une belle image de notre team qui a su s’attirer la sympathie de tous par son jeu brillant, volontaire et sans peur.
Et comme dit Yannick, il y a des défaites qui valent des victoires : Au camp de délégation j’ai eu peur car Aloha manquait d’esprit d’équipe, mais là, dans ces jeux, l’esprit a fait toute la différence et je suis heureux et cette médaille me donne de la valeur.
Aujourd’hui, nous vivons sous des trombes d’eau et de vent, ce qui a passablement troublé les compétitions de certains sports. Le football s’est transformé en Water-polo, l’athlétisme n’a pas eu lieu, l’équitation non plus et le bassin de natation était…inondé !!
Mais pas de panique, tout cela n’empêche pas la vie de se dérouler normalement. Et puis, nous avons rencontré Mireck, notre copain polonais avec qui nous correspondons depuis 1997, date du premier tournoi européen de basket de Montreux. Ce fut un grand moment de joie et de retrouvailles.
Les sentiments des joueurs
Yannick – On est venu, on a vu et on a perdu…mais c’est pas grave car on a joué comme des dieux. On a montré une équipe soudée. Cette fois ça a été possible d’affronter une équipe beaucoup plus forte que nous, de leur tenir tête. Ca demande beaucoup d’efforts. Je suis extrêmement fier de ce qu’on a fait, de ce qu’on a donné. Dommage que ça se finisse si tôt, mais qui sait… !
Gabriel T. Bon match, c’était vraiment…. J’ai vu que je devais me battre vraiment, vraiment, vraiment jusqu’au bout et que enfin j’ai pu avancer dans le match sans ralentir. Là, une fois pour toutes, il y a cette magie que je cachais en moi, elle est sortie et grâce à ça, j’ai pu faire un match comme il faut, sans faire de fautes et sans avoir de problème avec mon côté droite. Les deux dernières minutes, je la voyais venir, toute proche cette victoire et là il s’est passé quelque chose de bête, on a shooté à côté et après c’est l’autre équipe qui a tiré et le point, il était pour eux
Jérôme – En tout cas, j’ai passé une bonne après-midi. C’est un peu dommage qu’on a perdu ces 3 matches. J’aurai voulu avoir la médaille d’or. Je suis quand même un peu malheureux, j’aurai vraiment voulu en gagner un.
Sébastien – j’ai bien aimé le match. Un moment, on les a rattrapé, c’est ce qu’il fallait, j’aurais bien voulu plus. Je me suis bien amélioré, j’arrivais mieux à jouer, mais encore un peu moins bien qu’en Suisse. Je me suis bien rattrapé de l’autre jour, j’ai un peu mieux regardé le jeu. Dommage qu’il n’y a plus de matches…on a fait le mieux qu’on pouvait, c’était une montagne et on est juste à 2 points d’eux. J’ai trouvé l’équipe Uzbek tout de même un peu brusque
Yanos – on a fait une équipe du tonnerre. J’ai fait un bon début de match. Le score était trop serré. Il y a tout le monde qui a bien joué, on est une équipe formidable. C’était très très dur, toute l’équipe avait une bonne motivation, mais on n’a pas pu gagner.
Gabriel F. – Je suis tombé au tout début du match et j’ai eu très peur pour ma cheville. Ce matin j’étais prêt à jouer agressif, mais dès que je suis tombé j’ai eu peur et ça m’a coupé mes moyens. Je trouve qu’on a vraiment bien joué. C’était difficile ces matches, j’aurai préféré des équipes plus faciles pour qu’on gagne. Je suis déçu d’avoir apporté si peu à l’équipe, je reconnais que j’ai eu des difficultés, je suis triste, très triste pour l’équipe. Mais c’est vraiment bien ce que j’ai vécu. Même qu’on a perdu, je ne lâche pas prise pour les prochains matches.
Rui – c’est un match magnifique. La chaleur entre les 2 équipes se sentait sur le terrain. A un moment l’équipe adverse s’est énervée à fond et on a profité de leur faiblesse pour remonter au score. Il y a des moments de confrontation forte entre les 2 équipes, mais on se respecte. C’est agréable de vivre une complicité aussi grande dans son équipe. Là on a énormément appris et je ne regrette pas d’être là.
Youri – c’était super. On a bien commencé, mais après on a pris du retard, puis, petit à petit on a monté le niveau. C’était beaucoup mieux que notre premier match contre eux. Je reçois beaucoup de messages de ma femme et de mon fils, ça me touche et je me réjouis de les revoir.
Tony – Je suis déçu, déçu ! moi j’ai fait de mon mieux pendant ces 3 jours. Je pensais qu’on en gagnerait au moins un, qu’on avait le niveau pour les battre. Je n’ai pas fait attention si j’ai marqué le plus de points aujourd’hui, mais je sais que j’en ai marqué beaucoup et c’est rare chez moi. Moi je suis content de moi, j’ai fait mon boulot mais je suis quand même déçu !
Michaël – Le match le plus impressionnant que j’aie jamais fait !match parfait. Y a rien d’autre à en dire, il manque 2 points, c’est dire le niveau qu’on a atteint. C’est clair que les uzbeks sont plus forts que nous, il nous manque quelques centimètres… Mais nous avons résisté à la pression et à l’intensité physique, avant ce n’était pas possible.
J’ai été particulièrement touché par l’émotion des bénévoles. Ca montre combien on est attachants, ce qu’on peut vivre ensemble, ce qu’elles découvrent à travers Special Olympics.
Merci à Yolande, notre directrice nationale qui est fantastique !!!
Ce qu’en dit Yolande
« Moi, alors moi… j’ai été impressionnée par ce qu’ils ont fait mes garçons !!! Il y avait longtemps que je ne les avais pas vu jouer et ils m’ont éblouie, ils m’en ont mis plein la vue ! Je suis fière d’avoir des équipes pareilles dans ma délégation. Il n’y a pas seulement ce qu’ils ont fait, mais ce qu’ils sont : ils sont parfaits, ne rouspètent pas, sont concentrés, enthousiastes. Je n’ai rien à ajouter, à part que je les aime tous, ces athlètes, et maintenant, je sais pourquoi je travaille, pourquoi je me bats. Si jamais j’avais oublié pourquoi, et bien ils me l’ont rappelé ! Je remercie aussi les coaches car les bons éléments ne viennent pas tout seuls : bons coaches = bons éléments. »
Dimanche 7 octobre
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Suisse – Luxembourg : 23 – 24
Le match vient juste de se terminer, mes mains, mon corps, mon âme vibrent encore de mille volts. Les larmes, je ne peux les retenir et d’ailleurs cela est inutile, je suis épuisé d’avoir moi aussi tout donné ce que j’ai.
Alors que dire de l’équipe ? C’était une montagne en face, et ils ont failli la renverser. Pas un seul de nos gars n’est resté sur la réserve, ils ont mené jusqu’à ce maudit dernier panier qui est rentré du côté des Luxembourgeois et est resté sur le cercle pour nous. Voilà toute la différence entre nos deux teams.
Après un départ canon, Aloha mène au score, le ballon circule vite et bien, les passes se succèdent à un rythme effréné dans une ambiance du tonnerre. J’ai du mal à leur parler tant le bruit est fort et c’est lui qui les porte en avant, il n’y a pas d’autre terme, à l’assaut de cette très belle équipe du Luxembourg. La mi-temps s’achève avec une avance de 3 points pour nos contradicteurs.
La deuxième mi-temps part plus difficilement pour notre couleur. Le Luxembourg semble dans un premier temps s’envoler au tableau de marque. Mais voilà, Aloha a changé dans sa tête. Après un temps mort pour nous, où plutôt que de donner des consignes de jeu, j’ai parlé à leur fierté, ils sont repartis de plus en plus fort, ont avalé la différence et même pris 5 points d’avance. Et puis ce qui peut arriver à une telle équipe, cela s’appelle la peur de gagner. Ils se sont crispés, le ballon flirtait avec le cercle sans vouloir y prendre ses aises et de l’autre côté, le ballon prenait un malin plaisir à nicher dans notre panier.
Je suis heureux, je suis fier. Je sais que certains diront oui…mais… et bien, faites moi confiance, il n’y a pas de mais, ils sont formidables nos gars.
L’avis des joueurs.
Jérôme – excellent, dommage qu’on a perdu d’un point, mais on a fait un bon match. Je suis sûr et certain qu’on va en gagner un. Il ne faut jamais baisser les bras.
J’ai pas pensé que ça pouvait être aussi beau que ça. Il y a une ambiance fantastique, je n’imaginais pas que ce serait aussi chaud (chaleureux).
Tony – ça fait chier d’avoir tout donné, d’avoir aussi bien joué et de ne pas avoir la victoire en récompense.
Gabriel T. – Je suis content de moi, j’ai fait un bon match. Personnellement, je ressens que plus on avance dans les matches, plus il y a quelque chose de nouveau qui vient : la concentration, le fait que si je joue, je ne suis plus avec le publique, je suis avec moi. C’est tout nouveau, c’est ces 2 derniers matches. Je vois que je peux faire plus de ce qu’on me demande. Je vais continuer de me battre en moi-même et de me dire : « vas-y ! vis ton match ! » Même en cas de défaite, de panier raté je ne baisse plus les bras : « t’as pas mis ton point mais tu peux le mettre encore plus tard, je suis sur le terrain pour me battre ». Plus on avance, plus je me dis que ça me fait faire un pas de plus dans la vie. Dans ma vie personnelle je me dis : « c’est toi l’homme maintenant ! » et sur le terrain : « c’est moi, c’est pas l’autre à côté ! »
Quand je dois aller sur le porteur du ballon, c’est un courage que je dois prendre sur moi car ainsi je ralentis l’équipe adverse et mon équipe peut revenir en arrière.
Gabriel a demandé de noter en gras et souligner 25 fois de toutes les couleurs possibles : « Je compte me battre jusqu’au bout et dans tous les matches ! »
Gabriel F. – (il a dû sortir en plein match car une croûte qu’il a au genou a lâché et il saignait passablement. Les médecins l’ont emmené à l’infirmerie pour lui mettre un pansement, mais comme sa plaie avait de la peine à arrêter de saigner, il lui ont interdit de jouer la fin du match. Donc rien de grave mais peu de temps sur le terrain) Je suis très déçu d’avoir perdu. Je sais qu’avant que je doive sortir pour me soigner je me sentais et je sentais l’équipe prête pour gagner. Le match a bien commencé. Quand j’ai dû sortir, on perdait, quand je suis revenu, on gagnait et j’y croyais fort. Faut pas baisser, faut tenir, et pour les prochains matches, il faut y aller. Je suis toujours prêt à gagner.
Sébastien – je trouve qu’on aurait dû le gagner, ce match. A la fin c’était pas terrible, il y avait un peu de chenit avec les fautes qu’ils donnaient. J’ai du plaisir à jouer. Aujourd’hui j’étais en forme, j’étais plus agile et plus sous le panier. J’ai bien dormi. Ce sera encore mieux demain !
Dans le stade ici, il y a une bonne ambiance, il y a plus d’ambiance qu’en Suisse.
Yanos – on a bien joué, bien commencé, mais après c’était plus dur. On est une belle équipe et eux aussi. Je me suis fait bloquer comme un mur par un joueur du Luxembourg.
Yannick – je dédicace mon match à ma nièce !
Rui – bon match. On s’est bien éclaté sur le terrain, je n’ai pas d’autre mot.
Youri – j’ai rien à dire…c’est fabuleux…c’est le plus beau match qu’on a jamais joué !
Michaël – match parfait, d’une intensité jamais vécue avec cette équipe. Le jeu, l’engagement, c’était parfait. Je n’ai qu’un seul regret, il y a eu de grosses fautes d’arbitrage et de table de marque dans la dernière minute de jeu. Je ne peux que féliciter les joueurs, même si l’équipe adverse est bien plus forte que nous, ils ont tenu tête. J’ai rarement eu autant de plaisir en tant que capitaine et en tant que joueur partenaire, c’est une extase !!!
Par contre je suis déçu que les supporters de la communauté suisse ne soient pas venus voir notre match. Quelques cloches et un peu d’ambiance nous auraient soutenus.
Même cachée derrière l’appareil de photo, je n’ai pu retenir mes larmes (donc il y a beaucoup de flou !) tellement ce que j’ai vu aujourd’hui est beau ! Encore plusieurs heures après, en l’écrivant, l’émotion m’envahit. Nous avions rêvé pour eux, avec eux, Pierre y a travaillé ardemment toutes ces années et maintenant, cela est en eux. Ils ont à portée de main, ici, ce petit plus qui les sublime. Leur corps est disponible, leurs gestes fluides, leur engagement total, leur cohésion exemplaire et leur moral au top. Sur le terrain ils s’écoutent, se trouvent, construisent collectivement en attaque comme en défense. L’équipe d’en face est une réalité au contact de laquelle ils osent aller, ils n’ont pas peur, cela en devient une force supplémentaire. A la fin du match, les 2 équipes se sont mélangées, et, main dans la main ont fait une ola en l’honneur du spectacle offert et des spectateurs qui les ont applaudis.
Il est vrai que notre équipe est très appréciée, le mot qui la qualifie le mieux est générosité : générosité du spectacle offert dans le jeu, générosité des êtres qui la composent.
Ce match marquait la fin du tour préliminaire des divisions. Notre groupe ne sera pas modifié, nous jouerons les places de la finale contre le Luxembourg et l’Uzbekistan.
Toutefois le prochain tour est éliminatoire…
Alors demain lundi à 13h30 (7h30 en Suisse), toutes vos pensées d’encouragement nous porteront peut-être à vaincre non plus une montagne, mais carrément la chaîne de l’Himalaya !!
Samedi 6 octobre
Journée sans compétition pour notre équipe, nous en avons profité pour aller visiter le village olympique. Nous avons passé un très bon moment à essayer de nombreux jeux et activités. D’abord un petit peu timides s’approchant des jeux avec circonspection, visiblement la langue les freine un peu, nos joueurs se sont peu à peu lâchés et les rires et les complicités avec les volontaires faisaient plaisir à voir. Les activités qui leur étaient proposées étaient essentiellement des arts chinois et leurs découvertes les émerveillaient. Ils souhaitaient tous rapporter quelque chose de particulier aux êtres qui leur sont chers. Tony avec sa sensibilité à fleur de peau, pense souvent à son fils Luca et cherche quoi lui offrir de plus beau. Gabriel F. qui a du mal à se laisser approcher et toucher, se laisse faire et son sourire et son plaisir en dit long sur ce qu’il vit ici. Rui qui se laisse embarquer dans une danse effrénée. Yanos qui ne sait plus où donner de la tête tant il y a de chose. Jérôme tout timide qui ne sait pas s’il ose ou non. Et puis tant et tant de lumières et de joie chez tout le monde que cela en est un vrai bonheur. Ils sont formidables nos athlètes et très respectueux de ce qui les entoure.
Le soir nous avons été invités chez le Consul de Suisse qui avait organisé pour nous un barbecue avec la communauté suisse de Shanghaï ainsi qu’une croisière sur le fleuve Yang Tsé Kiang. Nous avons été stupéfaits par la ville, c’est gigantesque avec son gratte ciel qui culmine à 550 m de hauteur, son port et le trafic sur le fleuve. Ce qui me frappe le plus c’est le bruit incessant de cette ville qui ne dort jamais. Je suis fasciné et très interrogateur de ce que je vois et comprends, mon dieu que c’est mystérieux et combien ce que nous racontent nos volontaires nous touche et nous fait mieux réaliser ce que notre liberté toute relative mérite d’être appréciée.
Ce soir en rentrant, nous avons appris qu’un typhon s’approchait de Shanghaï et que demain nous aurions moins chaud et sûrement de la pluie. C’est aussi l’heure de notre match avec le Luxembourg, ils ont un peu peur car ils sont très grands et à ce que nous avons vu très forts mais que diable nous n’avons rien à perdre et aucune forteresse ne doit maintenant nous faire peur.
Pour les commentaires, il faudra attendre demain, car nous sommes rentrés tard de notre virée sur le fleuve et les joueurs ont besoin de sommeil avant leur match. Alors…patience !!
En attendant les photos du village olympique parleront d’elles-mêmes
Vendredi 5 octobre
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| Suise vs Uzbekistan | Suise vs Uzbekistan | Le panneau des résultats | Shake hand après le match | Les supporters |
La série préliminaire nous a donc conduits à faire partie de la division II des unifiés, une poule à 3 avec l’Uzbekistan et le Luxembourg. Aujourd’hui, nous jouons notre premier tour de qualification
Suisse 19 – Uzbekistan 27
Dans l’attitude de chacun ce matin, j’ai bien senti la pression monter. Je les ai trouvé positifs et ayant la fierté de ce qu’ils allaient représenter. La salle est très belle et il y règne une chaleur étouffante et très humide. Cela va considérablement modifier les choses. Je suis, moi, dans un premier temps extrêmement tendu, ma peur, qu’ils perdent pieds et aussi leur jeu.
La présentation des équipes se fait de manière très officielle et à l’appel de leur nom, je les sens prêts à exploser.
Avant le match, je leur ai parlé de ce que cela représente pour chacun d’entre nous. J’ai bien expliqué que je veux un team uni, solidaire et qui ne recule jamais quelles que soient les difficultés ou les bonheurs futurs.
Ils empoigneront le match à 150 à l’heure, sans complexes et jamais durant les 2 mi-temps, ils ne baisseront les bras. Les Uzbeks sont indéniablement plus fort que nous mais de cela ils n’en feront pas cas.
Ils ont travaillé le ballon tout au long de la partie, le faisant tourner avec conviction et souvent avec brio. L’attaque du panier adverse se fait toujours après 4 – 5 passes, cherchant la meilleure solution.
Si au bout du compte il y a une défaite, ils n’ont ni à rougir, ni à regretter quoi que ce soit.
Au fur et à mesure que le match avançait la tension ressentie en moi au début s’estompait pour laisser place à un vrai plaisir et une vraie communion avec nos joueurs. Je sentais l’équipe au top de ce qu’elle peut donner, je les ai vus aller au-delà d’eux-mêmes, chercher tout au fond de leur âme ce qu’ils pouvaient encore donner.
Tony n’a jamais aussi bien répondu à mes demandes de ne jamais abandonner ou de baisser la tête lorsque cela ne veut pas aller comme il veut. Gabriel F après un début timide s’est mis au service de l’équipe et en a enfin fait totalement partie. Je pourrais tous les citer et les complimenter, nos deux partenaires ont vraiment bien rempli leur rôle et Yannick à la fin du match n’en pouvait plus de transpirer, il dit lui-même avoir perdu le 75 % de toute l’eau de son corps et rajoute malicieux mais je sais que mon corps ne contient que 70 % d’eau.
Depuis que je les connais, je ne les ai jamais vus jouer à un tel niveau de jeu et de volonté.
Je sais que nous avons à peaufiner les détails au niveau de la dernière passe qui est lâchée trop précipitamment, attaquer le ballon plutôt que d’attendre qu’il tombe dans nos bras, se préoccuper de défendre dès que nous avons perdu la balle, penser à refaire circuler le ballon quand sous le panier le tir devient impossible face à la montagne que représente le joueur qui défend. Mais cela est encore possible même si le temps presse.
J’éprouve à la fin du match une joie intense, le spectacle a été magnifique et les joueurs au bout d’eux même, que demander de plus : la victoire…… elle viendra. T’en fais pas Michael, tu es déçu, cela est normal, c’est une défaite, mais il y a une autre victoire, celle d’être fidèle aux idées que l’on s’est faites en constituant cette équipe, le respect de la démarche de SO de ce que doivent être les équipes unifiées.
Merci les gars et à dans 2 jours pour remettre cela avec le Luxembourg qui compte dans ses rangs 5 joueurs partenaires et qui comme nous participe au championnat officiel luxembourgeois dans la même catégorie que nous. Cela c’est aussi ce que permet de découvrir SO, nous ne sommes pas seuls.
La 2ème équipe suisse jouant dans l’après-midi, nous sommes restés dans la salle pour les soutenir. Moment de décompression et de délire pour les joueurs d’Aloha, même si le match n’avait pas beaucoup de sens vu le déséquilibre énorme entre les 2 équipes. (résultat : Suisse 36 – Espagne 0). Le coach suisse a tout essayé pour retenir ses joueurs et donner quelques chances aux espagnoles, mais il n’a pu se faire entendre tellement les athlètes étaient fiers et impatients de jouer…
Ce que pensent les joueurs de leur match
Rui – match fabuleux, on a bien joué. De moi-même je suis un peu déçu, j’ai le sentiment de pouvoir arriver à donner plus. Ambiance d’équipe dans le match : fabuleux !!
Yannick – Match très physique, mais tout le monde a bien joué, on s’est donné les moyens de tenir le jeu. On ne peut rien regretter, car on a donné le meilleur. J’espère que pour les prochains matches on arrive encore à une meilleure cohésion d’équipe, on n’est pas vraiment au clair sur tout notre jeu car il y a quand même eu des ballons manqués. Bon jeu, bon match, bonne expérience.
Gabriel F. – Match difficile car ils sont grands. Je sais que je peux faire mieux, j’aurai pu marquer plus de points. Moi ce que je dois faire, c’est être sous le panier, au rebond, attraper le ballon, être en défense et en attaque. Je suis loin de chez moi, je veux vraiment gagner.
Youri – Joli match, chaud, correct, pas trop de fautes. Pierre a dit qu’on a bien joué, qu’on a tout donné. J’ai le sentiment qu’en jouant des matches si hauts, ça m’oblige à monter mon niveau de jeu. Ils venaient tellement vite en contre-attaque que c’était comme s’ils jouaient la carotte. Nous n’étions pas assez rapides pour revenir en défense. Notre coach était content de nous.
Gabriel T. – J’ai bien aimé le match. Je suis surtout content que mes jambes n’aient pas lâché. Je suis étonné que j’aie pu évoluer dans ce match, J’ai vu que je pouvais faire plus que dans les autres matches que j’ai fait.
Yanos – Match dur. On a bien commencé mais après on s’est fait remonter au score. Moi j’ai eu de la peine à prendre le ballon à 2 mains au rebond. Sinon j’ai pas fait d’erreur, j’ai bien défendu. Match trop parfait !
Sébastien – Il était bien ce match qu’on a fait !! J’avais mal à la tête et je transpirais à cause de l’humidité. J’ai pas bien supporté et n’ai pas fait des passes précises. Je trouve que je joue beaucoup mieux que ça en Suisse.
Michaël – Intense ! Grande pression de l’adversaire. Match extraordinaire dans l’ensemble, Niveau très haut. Le jeu montré est excellent, mais à ce niveau, il y a des détails qui comptent, des erreurs à ne plus faire. On a tenu le coup physiquement, malgré notre déficit en grandeur, c’est quelque chose qu’on n’a pas connu en championnat. J’ai beaucoup aimé.
Nous avons perdu ensemble, mais fait un excellent match, beau à voir. Le score de notre équipe est homogène, ce n’est pas un joueur particulier qui met la majorité des points. Notre jeu était toujours construit, pas seulement de la contre-attaque, à la différence des Uzbek qui ont marqué 75% de leurs points sur contre-attaque.
Je me réjouis du prochain match. J’ai un regret c’est que nous soyons seulement 3 dans la poule, ça veut dire qu’on jouera peu de matches, je suis un peu frustré, je suis là pour jouer au basket, j’ai attendu ça depuis si longtemps.
Tony – On a fait un match très difficile. Malgré la défaite, j’ai donné le meilleur de moi et j’ai pas baissé la tête. Pourtant dans la salle, il faisait trop chaud. Je veux tout donner pour le prochain match
J’ai surtout aimé lorsqu’on est allé soutenir l’autre équipe suisse, malgré qu’ils ont eu une victoire facile. Ca faisait plaisir de voir qu’il y avait des spectateurs suisse avec la cloche.
Fangfang – notre traductrice et accompagnatrice qui fait maintenant presque partie de l’équipe tellement nos contacts sont amicaux et intenses – Ce fut un très beau jeu. L’équipe adverse était visiblement plus forte. Il y a eu quelques erreurs personnelles et nos joueurs pourraient parfois être plus actifs. Je ne trouve pas normal que les joueurs partenaires doivent jouer tout le match, c’est trop dur ! Il ne faut pas être trop critique car ils ont très bien joué j’aimerais juste qu’ils gagnent !!
Jeudi 4 octobre
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| La rue des boutiques | Dans l'ancienne concession française | Pierre et Michaël un peu perplexe devant leur plat | Un régal pour les yeux et le palais | Le calligraphe à l'œuvre |
Aujourd’hui je ne vais pas trop raconter la journée, ils le feront très bien eux-mêmes. J’ai besoin et envie de vous raconter ce que je vis à côtoyer notre petit monde de basketteurs. Je suis encore et toujours touché d’être avec eux. Ils disent et vivent des choses qui paraissent évidentes pour moi et je réalise que pour eux il n’en va pas ainsi. Ils se sentent différents, le disent et le vivent. Leurs paroles sont bouleversantes et je ne sais pas si j’aurai encore des larmes qui couleront de mes yeux après les jeux. Etre coach de telles personnes est un privilège que j’ai le bonheur de vivre depuis 1989 et j’ai toujours le même enthousiasme et la même envie de les tirer le plus loin possible. Ils disent beaucoup être dans un rêve que puis-je dire alors de plus, c’est tellement vrai et pourtant en réfléchissant je sais qu’un rien peut casser cet équilibre, fragiliser la construction de cette équipe unifiée, il faut à chaque instant être attentif à ce qui se dit, se vit. Chacun a une personnalité bien propre et parfois elles ont du mal à se rejoindre, à se supporter. Je comprends pourquoi le sport que nous pratiquons est un moyen de les unir, de les mettre en valeur, en relation avec ce qui est de leur intimité. Ce que j’avais imaginé en créant le basket en 1989 et ce qui en est advenu aujourd’hui, je n’arrive pas toujours à le réaliser, finalement je leur ressemble, j’avais un rêve et il ne cesse de grandir, d’évoluer et de changer. Aujourd’hui je me dis que gagner ou perdre, que la médaille soit d’or, d’argent, de bronze ou de chocolat n’est pas le plus important pour moi, les basketteurs sont mes médailles quotidiennes et cela me suffit, le reste leur appartient ce sont eux les vedettes du moment et c’est bien ainsi. Pierre
Rui - nous parle de la réception qu’il a vécue hier à l’ambassade suisse (le staff de la délégation et 5 athlètes triés sur le volet pour leur exemplarité).
J’ai été surpris et énormément touché d’être invité à la réception de M. Ogi. J’étais excité car je ne l’ai su qu’au tout dernier moment et j’ai juste eu le temps de me changer lorsque nous sommes arrivés à l’hôtel. Sur place (au consulat) nous avons été très bien accueillis, on a mangé, on a bu puis on est monté au 37ème étage ! On a rencontré des gens, chacun a été présenté personnellement à M. Ogi, il m’a demandé d’où je venais, ce que je faisais comme sport et il m’a dit 3 fois merde pour mes matches. M. Ogi, il a de la chaleur et il en donne aux autres dans sa façon de s’exprimer envers les gens.
Comme nous vous l’annoncions hier, nous n’avions aujourd’hui pas de compétitions et sommes allés nous « perdre » dans le cœur de Shanghai. D’abord dans le quartier de Xintiandi, appelé aussi « new world », ancien emplacement de la concession française de Shanghai entièrement rénové à la mode européenne avec boutiques et restaurants chics. Nous y avons visité un musée reconstituant une habitation typique du Shanghai d’avant la révolution. Mais nous souhaitions quelque chose de plus typique, de moins occidental et nos bénévoles du jour nous ont finalement conduit dans le quartier de Chenghuan temple, rue piétonne bordée de quantité de petites boutiques où nos bénévoles ont marchandé pour nous tous les articles que nous souhaitions acheter. Avant de nous lancer dans le Shopping, nous étions allés prendre un succulent repas dans un restaurant certes un peu chic mais où les plats qui nous ont été servis étaient d’une extrême finesse tant pour les yeux que pour le palais.
Les impressions de nos joueurs sur cette visite
Rui – journées fantastique, je me suis bien amusé et bien promené. J’ai fait d’excellents achats, dans la maison ancienne, on a vu des choses qu’on ne voit plus chez nous. La ville de Sanghai je ne m’y habituerai pas, je ne me verrai pas vivre ici, je m’ennuierai vite. On a rigolé, on a guigné, on a découvert un peu des habitudes d’ici, une petite partie seulement. Entre nous, on s’est plus ouvert, le groupe était soudé, personne n’est parti pour son compte, une bonne équipe soudée.
Jérôme – Excellente journée, il y avait beaucoup de monde dans la ville, c’était impressionnant toutes les boutiques où on est allé. Je n’ai pas aimé les gens qui m’abordaient dans la rue pour me vendre des choses. J’étais gêné parce que ce n’est pas des gens que je connais et que ça peut être du vol
Gabriel T. – J’ai bien aimé ce moment de sortie, c’était vraiment agréable. La rue où nous étions, c’est un genre de petit village où il y a des magasins et des restaurants.
Yanos – C’était beau, on a mangé dans un super restaurant, on a goûté des beaux plats chinois. Les boutiques, c’est vraiment différent, les toits le long de la rue, ils étaient bizarres. Le musée vraiment génial, surtout le truc pour réparer les chaussures.
Yannick – Aujourd’hui, c’était une journée détente, visite, shopping et moment entre amis. J’ai aimé passer cette journée avec toute l’équipe, c’est dans ces moments que nous nous soudons. J’ai appris des choses sur la culture chinoise, pas suffisamment à mon goût car j’adore la façon dont les gens vivent ici, on sent toute la discipline dans leur éducation. Ce fut en tout cas une belle journée.
Mercredi 3 octobre
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| Les matchs de qualification | Les matchs de qualification | Les matchs de qualification | Les matchs de qualification | La visite d'Adolf OGI | La visite d'Adolf OGI |
Comme promis nous commencerons aujourd’hui par
Les impressions des joueurs sur la cérémonie d’ouverture
Sébastien – J’ai beaucoup apprécié toute la cérémonie, les combats avec les bâtons et les porteurs de lumière. Ca m’a impressionné d’entrer dans le stade un peu comme les joueurs professionnels avec 80'000 spectateurs. Mais en même temps, tout ce monde ça ne me met pas très à l’aise, surtout pour le défilé. En plus c’est pas mon pays. Au basket, même s’il y a du monde, je ne me gêne pas, j’ai envie de me montrer mais là j’étais gêné.
Gabriel F.– Exceptionnel, j’aurais jamais pensé que je pourrai vivre ça. J’ai été époustouflé de voir Yao Ming, Schwarzenegger et Jackie Chang. Mes parents ne vont pas me croire que je les ai vus. C’est super de voir toutes les autres délégations du monde.
Michaël – Je n’ai pas de mots pour expliquer ce que je vis, les émotions sont trop fortes. La cérémonie…c’était énorme non, plus, il n’y a pas d’adjectif assez grand pour la décrire. Même si Pierre et Evelyne m’avaient prévenu, je n’avais pas imaginé que c’était à ce point là.
Yannick – je ne suis pas quelqu’un qui exprime beaucoup ses émotions, je garde tout dedans, mais ça m’a beaucoup touché, c’est comme si j’avais reçu un choc. C’est impressionnant, il n’y a pas de mot pour dire comment c’était. On se sent tout petit, on est là pour quelque chose qui est beaucoup plus fort que soi. Quand j’ai vu la flamme s’allumer, je n’existais plus.
Tony – Y a pas de mots, c’est magique, c’est quelque chose qu’il faut vivre. J’avais les frissons, j’arrivais pas à pleurer, je ne m’attendais pas à ça. Les stars qu’on a vu, c’est grand ! J’espère que beaucoup de monde verra ça en Suisse, me verra à la télé. J’ai l’impression d’être une star. J’aimerai que les gens après ça me regardent autrement, malgré mes difficultés.
Youri – Magique, impressionnant. Le plus beau c’est lorsqu’on attendait pour entrer dans le stade, c’était impressionnant de voir Yao Ming et Jackie Chang
Yanos – C’était magique, le plus grand que j’aie vu. Ils ont cartonné. Le publique était vraiment génial, il y avait des lumières, des couleurs. J’ai le cœur qui fait boum ! j’adore avoir de l’émotion !!
Jérôme – J’ai vécu un rêve qui s’est réalisé. J’attendais ça depuis longtemps. C’était superbement bien. En entrant dans le stade, j’avais des frissons, c’est vachement impressionnant. J’étais touché de voir tout ce monde, j’ai même carrément craqué ! C’était des pleurs de joie. Ce sera un bon souvenir pour le basket, je me sens comme un véritable athlète.
Gabriel T. – C’est bizarre comme les gens nous regardent dans la rue, chez nous on n’a pas l’habitude d’être autre qu’eux. Le moment tant attendu est arrivé hier soir. Y a pas de mots à dire…Arriver à l’acte, arriver près de la salle et voir devant soi des stars qu’on voit derrière l’écran, c’est magique ! Plus on arrivait vers le stade, plus on sentait la vibration du publique. Dès qu’on a été dedans, je ne savais plus où j’étais. Il faut seulement prendre sur soi, lâcher, étendre les bras et dire bonjour à tout ce monde autour de soi. C’était prenant, magique. Les illuminations durant tout le spectacle, c’était superbe.
Rui – J’ai apprécié la lumière dans le stade, je me suis senti accueilli comme quelqu’un de spécial qui est arrivé et qu’ils attendaient. Toute la chaleur autour du stade, dans les rues, ça m’a beaucoup touché. J’ai cru que j’allais m’écrouler. Je ne m’attendais pas à aussi grandiose, j’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu, les productions, la flamme…
Je pense qu’après cela je peux me voir autrement dans le regard des autres, mais ça va dépendre de moi aussi et je pense aussi que je verrai les autres autrement. J’apprends beaucoup dans ces jeux, je réalise que je peux aller encore plus loin en basket, mais aussi dans ma vie.
Notre première journée de compétition
Les émotions de la cérémonie d’ouverture sont encore bien là. Mais chacun doit reprendre le chemin de notre réalité : le basket. Ce matin une partie de la délégation nous a quittés pour d’autres lieux d’hébergement : le football, la boccia, le cyclisme, le golf, l’équitation et le judo. Il y a de la tristesse dans l’air car nous formions un groupe très uni. Nous nous retrouverons si possible le 6 pour la réception de la communauté suisse de Shanghai. Yolande a triste mine, elle nous dira qu’il lui manque une partie d’elle-même. C’est vrai que c’est à elle que nous devons d’avoir réussi à souder un groupe de 92 personnes. Merci Yolande.
Nous avons pris un moment ce matin avec l’équipe pour ensemble se recentrer sur le basket. Nous avons expliqué ce que Special Olympics attend de nos comportements sur le terrain et les règlements qui seront appliqués. Aujourd’hui nous devons effectuer des tests techniques d’habileté et de rapidité.
Arrivés à la salle, nous apprenons que tout est modifié : plus de tests, mais des petits matches de 6 minutes qui permettront aux experts de faire les divisions. Nous avons donc joué avec l’Allemagne et le Luxembourg. Les basketteurs ont été magnifiques car ils ont dû s’adapter à une autre réalité en très peu de temps. Les 2 matches ont été très bien disputés. Le score n’ayant aucune importance, je ne l’ai pas suivi. J’ai été attentif à la manière et à ce que chacun donne le meilleur afin de ne pas être en contradiction avec l’esprit de notre basket. Gagner, oui, mais sans tricherie aucune. En cela, je suis très satisfait de mes joueurs.
Après le match, ils se sont précipités vers moi pour avoir mes impressions. Je les ai remerciés pour leur engagement et rassurés quant à leur performance. Je suis surtout content de leur engagement mental, ils sont prêts et ont bien compris ce que cela représente dans leur vie d’athlètes et l’image positive d’eux-mêmes qu’ils peuvent en retirer.
Ce soir, après une réception officielle de l’ambassade suisse à laquelle Rui a été convié avec 4 autres athlètes et le staff de la délégation, M. Adolf Ogi est venu jusqu’à notre hôtel, rendre visite à la délégation suisse ; moment « formidable » !! Quelle belle personne que ce Monsieur, il a su par sa gentillesse et sa verve conquérir le cœur de nos athlètes qui lui ont réservé un accueil très chaleureux auquel il a répondu de manière très authentique.
Demain pour nous sera jour libre, nous en profiterons pour aller visiter un peu la ville. Notre premier match aura lieu le vendredi 5 octobre à 13h30 heure locale ( 7h30 en Suisse) avec l’Uzbekistan.
La parole aux athlètes à propos du basket
Yannick – je me réjouissais de jouer. J’ai vu des trucs impressionnants : par exemple l’équipe d’Afrique du Sud ils sont très petits et pourtant ils sont là. Au fond, l’âge et la taille, ça ne fait rien.
J’ai un peu peur (suite à l’expérience de Rhodes) que toutes les équipes n’aient pas joué leur meilleur et que nous ayons des surprises
Maintenant les jeux ont commencé.
Tony – Journée un peu difficile. Je pensais qu’on jouait des matches entiers, mais là en 6 minutes, il faut tout de suite se mettre dans le bain, tout de suite réagir. C’est génial de voir les autres équipes. J’apprécie surtout les petits d’Afrique du Sud, il faut oser pour venir là !
Gabriel T.- Je ne m’attendais pas à une journée pareille. C’est le début du rêve, se dire qu’on est sur le terrain, mais pas comme chez nous, il y a toutes ces caméras, tout ce monde qui nous regarde. Je suis en train de voir que grâce à mon handicap, je me suis battu à fond, et en arriver ici…c’est magique. Lorsque j’ai commencé le basket, je me demandais jusqu’où j’allais me tirer…J’aimerais remercier Pierre et Evelyne pour tout le travail durant ces années pour m’amener ici.
Youri – on a fait 2 matches super, même si le 2ème je l’ai fait sur le banc.
Rui – Sur le banc, j’avais des frissons pour ceux qui étaient sur le terrain. J’ai failli me lever et aller jouer en plus des 5…et c’est juste à ce moment que Pierre m’a appelé pour entrer sur le terrain. Je suis juste un peu déçu d’avoir loupé mon panier.
Yanos – J’ai fait un bon premier match, mais j’ai fait une erreur dans le deuxième. J’ai l’impression qu’on a le même niveau que les 2 équipes qu’on a joué. La salle est belle, mais il manque encore du public pour nous soutenir.
Sébastien – Je pense que j’aurai pu faire mieux, que physiquement je ne suis pas au top. J’étais tellement content de jouer. La salle où on joue est magnifique, elle me fait penser au stade d’hier (cérémonie d’ouverture).
Gabriel F. – La salle est impressionnante, les équipes difficiles, c’est un haut niveau. J’ai envie de jouer mais…
Michaël – Heureusement qu’on a joué car avant le match, j’ai senti la responsabilité me tomber sur les épaules. Aujourd’hui, avant le match, j’ai vraiment réalisé ce que c’est qu’être unifié, ce que ça me fait face au publique, aux commentaires et aux jugements. J’ai une grosse pression, le sentiment de ne pas avoir droit à l’erreur. Une fois dans le jeu c’est OK. C’est comme pour un examen : avant tu vas 15 fois aux toilettes et après…ça coule tout seul !
Je sais maintenant qu’on a montré quelque chose de bien, je suis content, je ne voulais pas présenter n’importe quoi à un tel public.
Ces 2 dernières journées ont été très chargées en émotions. Je me sens une dette envers mes coaches.
Yannick à ses côtés ajoute – moi je vis ça autrement, j’ai la pression pour eux, pour les joueurs, pour ce qu’ils vont vivre dans leur dignité à eux. Quand on joue mal, j’ai peur qu’eux soient déçus. Moi j’ai pas le sentiment de tirer l’équipe, mais de vouloir le meilleur pour eux car ils le méritent. Pour moi ce serait dur de voir un joueur rentrer déçu.
Mardi 2 octobre
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| A l'entrée du stade | A l'entrée du stade | Yao Ming, NBA superstar |
Aujourd’hui, l’atmosphère des jeux commence à bien se faire sentir. Nous sommes attendus à la première réunion des coaches de basket. De façon à ce que Pierre puisse être proche de ses joueurs et les reprendre en mains après nos premiers jours de « tourisme », et pour une question de langue, nous avons décidé qu’Evelyne se rend aux réunions et que Pierre suit les joueurs. La rencontre a lieu à environ 1 km de notre hôtel, mais impossible de s’y rendre à pied, un bus fait la tournée des hôtels pour y chercher les coaches accompagnés de leurs bénévoles.
Je suis impressionnée de me retrouver dans cette ambiance internationale et face aux responsables de notre sport. Nous recevons le manuel du sport et les règles de compétition. Je suis très positivement impressionnée par le soin pris à définir, dire et redire la philosophie de Special Olympics, par les efforts consentis pour tenter d’améliorer le mode de faire les catégories et par la volonté de respecter, autant que faire se peut, toutes les règles qui conduisent à une compétition juste et de qualité.
Demain, mercredi, nous commencerons la compétition par des tests techniques qui permettront d’établir une première répartition des équipes. 10 équipes unifiées sont inscrites : Bukhara, 2 équipes de Chine, l’Egypte, l’Allemagne, le Luxembourg, Puerto Rico, la Roumanie, l’Afrique du Sud et nous.
Mais en fait, seule la cérémonie d’ouverture occupe l’esprit des joueurs. L’attente de ce moment se fait par une balade à la poste pour acheter les cartes postales et au supermarché pour des bricoles qui nous manquent.
15h00…c’est le départ en bus pour le stadium. Les cyclistes ont oublié l’heure et nous devons attendre près d’une demi-heure. Nous rejoignons un peu plus loin une cohorte de près de 50 bus qui, précédés de la police se dirigent vers le théâtre qui jouxte le stade où les 162 délégations de ces jeux seront rassemblées dans l’attente du défilé d’entrée des athlètes. Nous attendrons là plus de 3 heures dans le brouhaha des chants, des ola et des premiers échanges de pin’s. Les basketteurs, au début très calme et sereins disent peu à peu que la tension monte en eux et qu’ils deviennent impatients de vivre ce moment tant espéré. Il est là, tout proche, mais pas encore palpable et c’est les yeux plein de lumières que nous sommes appelés pour le défilé. Le stade est gigantesque, plus nous approchons, plus l’émotion devient perceptible. Juste avant l’entrée nous croisons le célèbre joueur chinois, parrain des Jeux, Yao Ming qui évolue en NBA avec les Houston Rockets. Tony crie sa joie et tout le monde du basket se précipite pour le photographier. Le toucher est impossible car il est bien protégé. Les mots fusent de partout : « C’est pas possible, c’est lui, il est encore plus grand que je le croyais. Merci Pierre, merci Evelyne, c’est à vous que l’on doit cela… » Et puis, juste à côté de Yao Ming, il y a Arnold Schwarzenegger qui paraît, lui, bien petit. Les cris redoublent, trop, c’est trop. Il y a aussi Tim Shriver, le Chairmann (directeur international) de Special Olympics.
Enfin nous franchissons le couloir qui mène dans l’enceinte. Dernier arrêt à quelques mètres du « Graal » et puis…on y est, l’émotion devient très, trop forte. Les 80'000 spectateurs du stade applaudissent et saluent notre entrée. Sur de très nombreux visages, les larmes coulent, c’est quelque chose de très très fort qui submerge chacun d’entre nous. Il y a de la fierté, sûrement, d’être pour un moment important dans sa vie d’homme, d’athlète. Mais il y a quelque chose de bien plus fort qui naît tout au fond de nos âmes, une vague puissante qui tout à coup nous transporte au-delà du rêve, au-delà du réel. Nous voudrions arrêter le temps pour rester dans cette extraordinaire euphorie qui nous envahit chacun pour soi-même. Mais déjà d’autres délégations nous suivent et la clameur terrible qui monte du stade lorsque la délégation chinoise fait son entrée nous ramène à la réalité. Nous voudrions rêver encore et encore mais le show commence et Jackie Chan lance la cérémonie. C’est du délire autour de nous !
Le spectacle offert aux athlètes et aux spectateurs est…comment vous dire…beau, merveilleux, grandiose, féérique, magique !!! Cela va durer près de 2 heures qui resteront gravées à tout jamais au fond de la mémoire de chacun. Les costumes sont faits de tissus et de couleurs qui rendent les participants d’une beauté et d’une élégance à couper le souffle. Les gestes des acteurs sont soulignés de grâce et de vivacité, que ce soit les tambours, le dragon, les arts martiaux, les porteurs de lumière. Nous n’avons pas envie que cela s’arrête. Puis vient le moment de l’arrivée du drapeau Special Olympics, de la prestation du serment (« J’essaierai de gagner, mais si je n’y arrive pas, je ferai preuve de courage dans mes efforts ») et, en apothéose, l’arrivée de la flamme olympique dont le premier porteur dans le stade n’est autre que le recordman et champion du monde de 110m haies.
Cette cérémonie s’achève dans un feu d’artifice qui brille de 1000 étoiles et auréole le stade de milliers de lumières. Les commentaires des basketteurs disent tout leur bonheur, mais cela vous le saurez demain car une fois rentrés, ils ont mangé et sont allés coucher car demain commence la partie sportive des jeux et il faudra être bien présents. Je crois qu’il en ira ainsi car ils sont dans un état de bonheur tel qu’ils ont tous dit vouloir tout donner et même plus… Nos blessés, Gabriel F. à la cheville et Yanos au dos vont beaucoup mieux et seront près pour l’heure H.
Lundi 1er octobre
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| L'hôtel que nous avons quitté | Une des innombrables bannières | Les adieux |
Fête nationale chinoise !
Ce matin, nous avons enfin un peu de temps pour nous. Nous allons flâner un peu dans les environs de l’hôtel, mais pas moyen d’être tous seuls, nous sommes vite rattrapés par les volontaires qui nous accompagnent dans les rues et les magasins. Certains ont pu aller faire un tour sur les fameux vélos que l’on voit sur les photos et qui servent de taxis. Ils sont revenus fiers comme Artaban et hilares. Pendant le repas de midi, les athlètes ont offert à leurs volontaires des cadeaux (chocolat, couteau suisse et swiss card). Cela a été fort apprécié par nos hôtes. Normalement cet échange aurait dû se faire au moment du départ, mais l’impatience aidant, cela s’est fait ainsi. Dernières photos, moments de tristesse pour certains, de larmes pour d’autres.
Nous nous retrouvons tous devant l’hôtel pour la cérémonie d’adieu accompagnée des tambours et des discours officiels. Chaque athlète et coach recevra en souvenir la mascotte des jeux. Puis départ pour Shanghai. L’hôtel est à 200m du ferry qui doit nous ramener sur le continent, mais nous ne pouvons nous y rendre à pied. Cela est un peu difficile à vivre car nous manquons d’un peu de spontanéité et de liberté, mais nous respectons nos hôtes et c’est avec le sourire que nous acceptons les choses.
Toutefois, lorsque pendant la traversée en bateau, nous apprenons que tout au long de notre séjour à Shanghai chaque joueur sera à nouveau accompagné du matin au soir par un bénévole, nous, les coaches, réagissons immédiatement très fort. Comment faire de l’équipe un team soudé s’ils sont toujours distraits par autre chose et comment allons nous pouvoir nous occuper de nos basketteurs ? Toute la délégation suisse est bien d’accord là-dessus, c’est trop, déjà certains athlètes sont au bord de la rupture. Notre directrice nationale, Yolande nous comprend à fond et elle exigera que nous soyons seuls avec nos athlètes et que seuls 1 ou 2 volontaires soient à disposition des coaches pour se faire comprendre dans la ville et sur les lieux de compétition. Ouf, elle a été entendue, même si nous nous rendons bien compte que cela blesse un peu nos hôtes qui voulaient bien faire et assurer ainsi la sécurité des athlètes.
A notre sortie du bateau, nous traversons une partie de la ville de Shanghai. Les premières impressions sont fortes : de grands buildings côtoient quelques rares pâtés de maisons traditionnelles organisées autour d’une cour centrale. De grands immeubles très uniformes partent à l’assaut du ciel avec leurs étendages à linges si particuliers aux fenêtres : un grand cadre métallique d’environ 2m50 sur 2m s’avance au-dessus de la rue, le linge est accroché à des baguettes en bambou qui sont déposées sur ces cadres. Notre passage ne se fait pas incognito : 4 gros cars blancs, feux clignotants allumés précédés d’un gros véhicule officiel transportant la directrice nationale…Les têtes se tournent, les mains s’agitent.
Partout de grandes banderoles ainsi que des énormes affiches et panneaux annoncent les jeux et en proclament la philosophie : « Special Olympics fait avancer la cause humaine et construit un monde plus harmonieux » « Les jeux Special Olympics mettent les cœurs en communion ».
L’arrivé à l’hôtel se fait sous le regard curieux des habitants de « notre rue» pour 10 jours et des passants arrêtés près d’une demi-heure pour nous laisser descendre des bus. L’accueil est chaleureux et la prise des chambres se fait dans le calme. Nous résiderons pour 10 jours à l’hôtel Mason Business, 379 Meng Zi