L'ALOHA unified basketball team aux Jeux Européens de Varsovie

 

D'autres infos et photos sur : www.specialolympics.ch

Le journal d'Evelyne et de Pierre

Jeudi 23 septembre 2010

 

L’ambiance est plombée ce matin, l’amertume se lit sur tous les visages de notre équipe. En plus beaucoup d’entre nous sommes malades, une bonne grippe avec toux a couru dans toute la délégation. Et certains se laissent déjà rattraper par les soucis de leur vie quotidienne…

Nous avons toutefois gagné une heure de sommeil, ce qui n’est pas négligeable… nous irons à la salle de sport voir les finales et participer à la remise des médailles.

Même si notre regard est quelque peu déformé par ce que nous venons de vivre, il est évident que la plupart des matches que nous avons vus ne sont pas aussi beaux qu’ils pourraient l’être si la philosophie du sport unifié était comprise et appliquée au profit des athlètes handicapés et non de la victoire à tout prix. Je sais que nous ne sommes pas la seule équipe à penser ainsi et à avoir été déçu du manque de courage des responsables internationaux dans leurs décisions. Nous avons reçu des règles claires qui auraient pu permettre un beau jeu, mais elles n’ont pas été appliquées et c’est vraiment décevant lorsque les feuilles de match montrent clairement une domination des joueurs partenaires dans l’équipe et qu’aucune sanction n’est prise à leur encontre. Bref, nous avons en tout cas en main des arguments pour aller défendre auprès des responsables du sport chez Special Olympics un réajustement des règlements de jeu. C’est là un des aspects positif du mouvement, rien n’est figé, il est toujours à la recherche d’améliorations. Il est clair que dans le sport unifié, il y a un gros travail à faire sur la définition du rôle et de l’attitude des joueurs partenaires.

Entre deux matches, nous avons le plaisir d’assister à une magnifique course de relais 4 X 100 m de l’équipe suisse. J’aime les courses de relais, à la jonction entre le sport individuel et le sport d’équipe. L’indécision règne jusqu’aux derniers mètres. Le premier relayeur est très bien parti, l’avantage fond avec le deuxième, le troisième grignote pas à pas sur l’équipe qui est en tête et le quatrième est en train de la passer lorsque surgit une bombe dans le 4ème couloir, c’est le 4ème relayeur de Monaco qui coiffera tout le monde sur la ligne d’arrivée. C’est l’une des dernières courses sur le stade d’athlétisme et l’ambiance atteint un paroxysme. Les spectateurs et les bénévoles sur le terrain se congratulent et c’est un vent de folie qui souffle bientôt sur tout le stade. Instants de bonheur purs, de partage et de communion intenses.

J’ai aimé l’organisation de la cérémonie de remise des médailles au basket. Toutes les équipes d’une même catégorie sont appelées en même temps sur les différents podiums, les médailles et distinctions, apportées par des personnes handicapées sont remises par les représentants de différents consulats. M. Staehli, que nous avions rencontrés quelques jours auparavant tenait à remettre la médaille de bronze aux athlètes de son pays. Une certaine fierté et beaucoup de chaleur se lisent dans son regard.

La journée se terminera par la cérémonie de clôture. Toutes les délégations se retrouvent dans la halle de Torwar où nous nous étions rassemblés pour l’ouverture deux heures avant le début de la cérémonie. Si la première demi-heure est occupée par le lunch box reçu pour les souper. Très vite les athlètes piétinent  d’impatience, c’est l’heure des échanges et du troc de T-Shirts, training et autres casquettes. Le bazarre, un véritable de souck… les champions à ce jeu-là sont Jérôme et Christian qui parcourent les gradins avec leurs affaires. C’est l’apprentissage de la négociation, et la découverte de la valeur relative des choses : on n’échange pas un training contre un pin’s… la délégation se bigarre de France, Russie, Espagne et autre. Et finalement la fête commence.

4 athlètes de chaque délégation ont été rassemblés et entrent en portant les pancartes. Un énorme panneau circulaire est hissé où sont accrochées quelques superbes photos de ces jeux. Puis sur écran géant une sélection de prises de vue par sport, c’est magnifique. Puis les discours de remerciement se succèdent, un peu longs à mon goût, mais il faut ce qu’il faut…

le drapeau de Special Olympics Europe/Eurasie est décroché et remis à la Belgique où se dérouleront les prochains jeux européens en 2014 et la flamme olympique part en Grèce où auront lieu à Athènes les Jeux mondiaux en 2011. Finalement place à la musique et à la danse, c’est la fête, la joie, le bonheur.

 

Je pourrais vous parler encore de la délégation, de nos traditionnels coaches meeting du soir autour d’un morceau de fromage, de salami ou d’une tranche de cuchaule tartinée de moutarde de Bénichon. De nos dialogues dans un mélange de français allemand et anglais où chacun se débrouille pour se faire comprendre. Mais je vais clore ici ce journal, non sans émotions car une fois de plus, ce que nous avons vécu ici est quasiment indescriptible tant l’intensité des émotions est forte. Par chance l’ordinateur a remplacé la page blanche et le stylo si bien que mes larmes ne dissoudront pas l’encre de ces quelques lignes.

Je souhaite à chacun de pouvoir vivre une fois au moins une telle expérience.

 

Evelyne

 

Mercredi 22 septembre

 

Journée de toutes les émotions !!!

Le rythme est maintenant pris : lever à 5h30, déjeuner sous la tente dans le froid du petit matin à 6h, puis départ pour la salle de basket. Nos bus sont toujours escortés par la police et il y a une certaine jubilation à voir les cars brûler les feux rouges en toute impunité !

Nous jouerons aujourd’hui 2 matches : le premier en qualification contre la Bulgarie. Dans notre groupe à 3, Chypre a déjà gagné ses deux matches, ils sont assurés d’être en finale. Ainsi, quel que soit le résultat de notre premier match, nous jouerons de toute façon le 2ème match à nouveau contre la Bulgarie et c’est ce deuxième match qui décidera si nous obtenons la 3ème place ou si nous jouons la finale pour la 1ère  et 2ème place.

Difficile de traduire en mots la beauté du match de ce matin. Le score est tendu, les équipes se tiennent et ça joue à un haut niveau pour notre équipe. Vont-ils tenir le coup ?... Eh bien, ils ont fait mieux que ça ! Au cours du 3ème quart temps, Sam trouve la consigne à mettre en place pour contrer le jeu des partenaires de Bulgarie et ainsi prendre quelques points d’avance.

Au-delà de la victoire au points, c’est le jeu et l’attitude de nos joueurs qui m’a touchée. Cette fois ils se sont lâchés, ils ont trouvé la cohésion, sont allés au bout de leurs gestes et de leur force. Un rêve !!!

Seulement voilà, nous n’avons que quelques heures pour digérer ces émotions et retrouver les forces, la volonté et le bon état d’esprit pour faire un 2ème match d’enfer. Connaissant la fragilité morale de nos joueurs mais également leur extraordinaire capacité de réaction… tout est possible, le pire comme le meilleur.

Le match démarre, tendu. Puis, après 45 secondes de jeu…choc entre Michaël et un joueur partenaire bulgare. Michaël est à terre, arcade sourcilière ouverte, il faut recoudre…c’est fini pour lui, nous partons à l’hôpital.

Je sais que la suite du match a été très dure pour tout le monde, il n’y aura pas de deuxième rêve…je laisserai Pierre et Tony vous en parler.

 

« Dans le premier match, avec l’équipe, on s’est bien entendu, on a bien joué. J’ai donné le meilleur, ça m’a bien réussi, j’ai marqué, j’ai fait peu de fautes, j’étais tout content.

Dans le deuxième, c’est tout l’inverse, j’ai joué mon jeu, j’ai donné à fond ce que je pouvais, j’aurais voulu porter l’équipe plus loin, aller en finale, pour Michaël, pour moi, pour tout le monde.

A la base, en venant ici, j’avais 3 objectifs :

-faire plaisir à Michaël

-faire plaisir à mon fils en ramenant une médaille

- me faire plaisir à moi dans les 2 matches qu’on a joué

quand on a perdu, j’ai pas admis la défaite, ça m’a trop fait pleurer, je ne pouvais pas me remettre de cette élimination.

 

Autrement la cérémonie d’ouverture c’était hyperbien, mais j’ai préféré celle de Shanghai parce qu’elle racontait une histoire. J’aurai voulu que la cérémonie nous raconte la Pologne.

 

J’ai bien aimé la vieille ville. On n’a pas tout vu, mais elle est bien.

J’ai aimé aller à l’ambassade. J’ai surtout aimé Ivona (notre DAL), j’aimerai bien qu’on reste en contact, j’espère la voir en Suisse. »

Tony

 

 

Bulgarie 25 – Suisse 30

C’est un peu la peur au ventre qu’Aloha prépare son match. Samuel et moi devons être très clairs dans le rôle de chacun d’entre nous deux pour donner à cette très belle équipe de la lumière dans les mains et dans la tête afin que chaque joueur puisse aller au bout de son rêve.

Le match est très très serré. Aloha prend un très léger avantage de 4 points en début de rencontre. Puis la Bulgarie revient sur un panier à 3 points et prend ensuite un avantage qui ne dépassera jamais les 4 points. C’est un vrai match d’équipe unifiée où les joueurs, qu’ils soient partenaires ou avec un handicap mental sont respectés et reconnus non pas comme des faire valoir, mais comme de vrais et authentiques basketteurs. D’ailleurs l’ambiance dans la salle montre bien la valeur du spectacle présenté, car rien n’est joué d’avance, comme dans la plupart des matches que j’ai vus jusqu’à maintenant.

Merci à chacun.

A Sam pour son cœur qui a failli exploser

A Michaël, Yannick et Rui qui, chacun avec ses valeurs porte un bout de l’équipe.

A Gabriel pour ses courses incessantes afin d’empêcher le ballon de venir trop vite sous notre panier

A Tony pour avoir compris ce que veut dire raquette non pas en mot, mais dans son corps

A Yanos pour son inlassable travail dans toutes les situations.

Et puis il y a Jérôme et Christian, nos 2 petits bonhommes qui donnent tout pour être au niveau des autres et su service de l’équipe et qui ne demandent qu’à apprendre encore et encore.

 

Cet après-midi, nous rencontrons à nouveau la Bulgarie en demi-finale de notre poule, le vainqueur affrontera demain en finale Cyprus.

 

Le match ne dure que depuis 30 secondes, lorsque Michael est blessé à l’arcade sourcilière de manière volontaire par un joueur de la Bulgarie. Après avoir été soigné sur le terrain, il sera évacué à l’hôpital pour y recevoir les soins nécessaires à son état.

 

Ce coup du sort assommera Aloha qui va mettre 2 quarts temps à pouvoir revenir dans le match. Je vais devoir appuyer Sam pour permettre à nos joueurs de reprendre leurs esprits et de faire avec l’accident du début de partie. Malheureusement le score ne pourra être remonté. C’est aussi avec l’aide du public que nos joueurs ont pu reprendre goût au jeu car ce dernier a pris fait et cause pour la Suisse et nous entendons les hop Suisse en allemand, en anglais et en polonais. Les 2 derniers quarts Aloha va mener la vie dure aux Bulgares c’est beau et j’ai de l’admiration pour notre équipe qui réagit juste et avec un cœur gros comme ça.

 

Après le coup de sirène final, Yannick nous a tous réuni et nous a emmené faire le tour de la salle en remerciant le public de son soutien. Quel moment magique et quelle belle réponse des spectateurs étonnés par notre réaction malgré la défaite.

 

Dans les vestiaires, il y aura beaucoup de larmes et de déception. Je vais passer un long moment avec chacun pour leur dire à quel point je suis fier d’eux, je sais qu’il la voulait cette finale et qu’il la méritait mais le sort en en voulu autrement et il va falloir apprendre encore à faire avec lui.

 

Je suis quant à moi fâché, car j’en ai marre que tous les représentants du basket européen et mondial encensent notre équipe comme étant la plus harmonieuse, celle qui applique juste les règles du basket unifié. Qui donne le juste rôle aux joueurs partenaires etc… etc…, Mais alors pourquoi ne réagissent-ils pas et posent clairement les règles de ce sport ? Je ne vais pas rester silencieux devant cela et avec l’aide du représentant Suisse à la commission européenne écrire un texte pour essayer de faire entendre notre voix. C’est le moindre que je puisse faire pour nos athlètes.

 

Cela mis à part, nous avons vécu une formidable expérience avec une délégation Suisse ou le partage et le soutien entre les représentants des différents sport a été total et fraternel. Je pense qu’une fois la déception passée, seuls les bons et beaux souvenirs hanteront longtemps nos esprits.

Pierre

 

 

Mardi 21 septembre

 

C’est aujourd’hui pour nous que commencent les qualifications, notre groupe est  composé de Chypre, la Bulgarie et nous. Notre premier match sera contre Chypre à 11h.

Puis comme nous n’avons rien l’après-midi, nous en profiterons pour aller visiter la vieille ville de Varsovie.

Pierre et Yannick, mes « reporters » du jour ayant beaucoup à dire, je leur cède directement la parole.

 

Chypre 24 - Suisse 9

Samuel a bien préparé l’équipe pour ce match. Chypre c’est un peu l’épouvantail du groupe. Par leur stature, leur physique imposant et leur engagement parfois à la limite, ils déstabilisent leurs adversaires.

Nous avons fait le maximum pour mettre nos joueurs en confiance, car il n’y a aucun doute que leur jeu est en place, mais ce n’est pas toujours le cas de leur moral lorsqu’ils sont face à ce qu’ils croient être une montagne.

Le niveau de jeu présenté par Aloha est tout à fait satisfaisant, la balle circule bien jusqu’à proximité de la raquette. De là, tout devient plus difficile, plus confus. Je sens bien les hésitations à se mesurer aux physiques imposants de la défense adverse. Les pénétrations dans la raquette ne sont pas franches et décisives. Cela rend la tâche de Chypre plus facile à contrer et attaquer ensuite notre panier.

Je vois bien la dépense d’énergie trop grande que demande l’approche du panier adverse et du coup les tirs de nos joueurs manquent de précision. Des shoots au panier, il y en a eu plus du côté suisse que du côté chypriote, mais la réussite était pour eux, pas pour nous.

C’est toujours pareil, Aloha reçoit plein de compliments sur son état d’esprit, sur l’application de la philosophie unifiée qui est la nôtre. Nous sommes cités en exemple de ce qu’il faudrait faire, mais ce n’est plus satisfaisant si les responsables de SO ne se donnent pas les moyens de faire appliquer les règles qui régissent le sport unifié.

Pierre

 

Le matin c’était pas la forme pour moi, j’avais peut-être mal digéré quelque chose ou bien alors c’est la pression. Le match contre Chypre, c’était le match qu’il ne fallait pas perdre…mais qu’on a perdu ! on a eu très peu de réussite, c’est en tout cas dû en partie à la pression, pour moi au moins.

En face, l’équipe est en moyenne plus grande. Chez nous il y a un seul joueur qui est grand, c’est Tony et du coup on n’arrive pas à rivaliser. Notre point fort c’est la défense (on n’est pas suisse pour rien !!), mais notre attaque mériterait d’être plus « fashion ».

Malgré qu’on a perdu aux points, on a gagné sur bien des aspects. Yanos a fait un merveilleux match. J’ai retrouvé un Yanos que je n’avais pas revu depuis 3 ans, il s’est battu, est allé sur tous les ballons. C’est pareil avec Christian qui s’est réveillé aujourd’hui. Jusqu’à maintenant, il semblait absent, pas là, mais cette fois il a fait de belles récupérations et est allé au contact. Rui a pris de la bouteille depuis qu’il est reconnu comme partenaire. Il prend des responsabilités, c’est un vrai changement, on sent son envie de mener l’équipe à bon port. Il n’a pas le bagage technique de Michaël, mais une meilleure connaissance des joueurs c’est devenu un vrai joueur partenaire. Moi, physiquement je ne suis pas au top, j’ai des problèmes dans le bas du dos qui me paralysent pas mal dans le jeu.

J’ai le sentiment que face à nous Chypre a dû faire jouer tous ses joueurs, pas seulement les partenaires comme face à la Bulgarie. Si notre équipe arrive à les faire jouer ainsi, c’est vraiment un plus, notre philosophie fait que les autres doivent changer. Les partenaires ne sont pas là pour marquer des points, mais pour mettre en valeur les joueurs handicapés et soutenir l’esprit d’équipe. Face à nous, Chypre a dû trouver une cohésion d’équipe, pas seulement entre partenaires.

 

Pour la visite de Varsovie, on a eu trop peu de temps, c’était juste une visite de surface, mais ça a l’air d’être une très belle ville. La seule image de ville de l’est que j’ai c’est Prague. Il y a des similitudes dans l’architecture et dans l’ambiance, mais c’est pas le même pays, pas la même mentalité. Historiquement, la Pologne a vécu de sacrées guerres, prise dans l’étau entre l’est et l’ouest. C’est ce que j’aimerais pouvoir connaître par ses habitants, lors d’une prochaine visite.

 

Malheureusement il y a deux joueurs en moins et ça a pas mal touché l’équipe, pas seulement pour les matches, mais pour tout. On s’est entraîné à 10 et on arrive à 8, ça fait mal. Malgré ça on vit une expérience très sympa, il y a une bonne cohésion, on est bien ensemble, avec le brin de folie que nous apporte  Sam.

 

La Pologne, c’est pas exotique, mais c’est quand même un dépaysement, je prends des cours accélérés de polonais…

Et puis il y a pour moi une certaine nostalgie, 10 ans sont passés et j’arrive à un terme, je le sais. Je suis content que ça se passe bien ici et que nous terminions sur une note positive. Avec ou sans médaille, c’est un vécu important, on aura tous des points positifs à relever et se raconter et le négatif s’effacera de lui-même. Je pense même que dans quelques semaines on pourra rigoler de l’hôtel. Il faut dire que l’hôtel, c’est un vrai clapier à lapin, les chambres sont vétustes, ce n’est pas un problème, mais il n’y a aucun lieu de rencontre, on est toujours les uns sur les autres, sans possibilité d’avoir des moments à soi ou de s’isoler. Il manque juste quelque chose pour que ce soit optimal.

 

Yannick

 

 

 

Lundi 20.09.10

 

Déception, ce matin…nous apprenons, à 7h, dans le bus qui nous mène au lieu de compétition que nous n’avons aucun match aujourd’hui ! Tant pis, nous passerons la journée à profiter de ce qu’offre Special Olympics sur le site, c’est-à-dire le programme santé et le village olympique. Nous prendrons également le temps d’aller encourager les compétitions en athlétisme et en tennis ainsi que d’aller observer le jeu de nos futurs adversaires.

Le plus désolant de cela c’est que nous avons à nouveau été classé dans un groupe qui ne compte que 3 équipes. Nous sommes vraiment déçus. Outre le fait que nous n’aurons que peu de match, nous ne voyons pas de sens au fait de jouer en sachant que nous aurons de toute manière une médaille à la fin.

Au coaches meeting, nous signalons notre désappointement qui ne surprend guère les officiels car ils ont passé de longues heures à débattre autour de cette situation et ont finalement pris cette décision en pensant que c’était la moins mauvaise. Une fois les choses dites ainsi, nous pouvons calmer nos joueurs et profiter pleinement de la journée.

Au programme santé, nos athlètes se laissent contrôler les dents puis mesurer, peser et évaluer sous toutes les coutures.

Un petit crochet par les courts de tennis nous permettra de voir jouer Elodie. Nous avons bien failli nous faire sortir des tribunes tant les basketteurs n’ont pas l’habitude de rester silencieux au bord d’un terrain de sport !

J’aimerais aujourd’hui dire quelques mots sur la nourriture que nous dégustons ici. Que ce soit au déjeuner, au dîner ou au souper nous bénéficons d’un énorme buffet chaud où chacun peut trouver la nourriture qui lui convient, que ce soit légumes, viandes ou féculents, pour la plupart accommodés à la façon polonaise. La cuisine est vraiment bonne et soignée. Bravo !

L’après-midi, nous la passons à l’ « olympic village » où chacun trouvera de quoi se divertir. C’est un bonheur de voir nos joueurs s’essayer à différents jeux. Yanos passe son temps à jouer au unihockey avec des bénévoles, un peu plus loin des équipes de pétanque se sont formées, Chrsitian s’essaie avec beaucoup de réussite à divers jeux de raquette et Tony et Jérôme squattent une table de ping-pong qui aurait besoin de bonnes rallonges pour recevoir les balles de Jérôme… un très beau moment de détente et de complicité entre les joueurs.

Vers 16h toute la délégation se rassemble et nous partons en Métro  jusqu’à l’ambassade de Suisse au centre ville où nous sommes attendus.

C’est dans les salons de l’étage de la résidence du consul que nous sommes reçus de façon très conviviale. Plusieurs collaborateurs sont présents et se laissent étonner et enthousiasmer par ce que nous leur faisons découvrir. Beaucoup sont profondément touchés par la joie dont rayonnent nos athlètes. Rendez-vous est pris pour les prochaines compétitions.

Juste avant notre rendez-vous à l’ambassade, nous avons retrouvé Fangfang, notre bénévole de Shanghai qui a fait expressément le voyage depuis l’Allemagne où elle étudie actuellement pour venir partager avec « son » équipe de basket cette compétition européenne. Les retrouvailles sont chaleureuses et chacun se réjouit de vivre ces prochaines journées ensemble.

Voilà une journée de détente très agréable à vivre qui je l’espère aura rechargé les batteries de nos joueurs et les aura mis en condition optimale pour le match de demain.

 

 

Dimanche 19 septembre 2010

 

Ouie ! dur, dur le réveil ce matin… nous devons être au petit déjeuner à 6h et la rentrée d’hier soir était bien tardive. Alors moi, ils m’épatent nos joueurs, tous à l’heure, et pas un qui râle, malgré la température frisquette qui règne sous la tente du petit déjeuner. Une heure de bus à travers le Varsovie calme d’un dimanche matin et nous voilà à pied d’œuvre. Sam et moi partons pour le premier coaches meeting tandis que Pierre s’occupe des joueurs. Et là, sous une avalanche d’informations pratiques, nous découvrons une règle du basket unifié à laquelle nous n’avons encore jamais été soumis : il doit toujours y avoir sur le terrain 2 joueurs partenaires, faute de quoi l’équipe est disqualifiée. N’ayant que 2 joueurs partenaires dans notre équipe, nous avions auparavant été parfois confrontés à la situation de ne jouer qu’avec un seul joueur unifié sur le terrain, mais là, ce n’est plus possible ! Alors imaginez que l’un d’eux se blesse ou soit malade, le tournoi est terminé pour toute l’équipe. Il m’apparaît immédiatement que c’est ne pression quasi insoutenable pour notre équipe, il faut trouver une alternative et nous n’avons que quelques minutes pour cela. Je réalise tout à coup que Rui rempli depuis peu les conditions pour être joueur partenaire, il ne touche plus de rente AI. Il faut donc que nous arrivions à faire modifier son accréditation. J’appelle notre cheffe de délégation Cäcilia et ensemble nous allons tout tenter pour sauver la situation. Cela nous prendra 3 heures et bien des tergiversations pour finalement obtenir un nouveau statut pour Rui. Ouf, soulagement.

Je laisse maintenant à Pierre le soin de vous commenter les matches de la journée et à Rui celi de vous donner les impressions d’un joueur sur cette journée si particulière pour lui.

 

 

« Aujourd’hui nous allons vivre les divisionning. Notre premier match est pour 12 h 30, l’attente est longue depuis 8h00 que nous sommes sur place.

Notre première rencontre est avec la Hongrie. Samuel a bien préparé l’équipe durant l’échauffement et le début du match est tout à l’avantage d’Aloha, même si le premier panier se fait un peu attendre, c’est Yanos qui ouvrira la marque d’un très beau geste. Cela me fait tant plaisir pour lui. Puis l’équipe s’engouffrera dans la brèche et ne lâchera rien de toute la première partie.

Après la pause, Aloha repartira avec la même volonté et pourra bien poser son jeu et faire tourner le ballon. Chacun prendra part à la fête de tirs avec plus ou moins de réussite mais en tout cas avec conviction. Toute l’équipe poussera un ouf de soulagement car il est toujours délicat de commencer un tournoi de cette importance et cette victoire donnera l’envie d’aller plus loin.

 

Après le repas, Aloha sera sollicité pour un deuxième match. Celui-ci avec Chypre. Le gabarit des joueurs de l’île Méditerranéenne va impressionner nos joueurs. Ils ne sauront pas retrouver la confiance qu’ils avaient le matin. Je suis très satisfait de cette rencontre, car ils ont montré de belles choses. La défaite est au bout de l’effort, mais ils peuvent en tirer bénéfice. Ils se sont montrés capables de résister à plus costaud qu’eux. Et puis il y a Samuel, comment l’oublier, il vit chaque match avec une intensité telle, que j’entends battre son cœur à au minimum 200 km à l’heure, mais quel bonheur de le voir découvrir cette facette d’Aloha et de Special Olympics. »

 

                                                                                  Pierre

 

« La journée s’est bien déroulée, étonnante, bizarre parce que au début j’ai rien compris de ce qui m’arrivait. Je comprenais pas pourquoi ils devaient changer un truc et un autre. Mais je me suis dit je laisse aller. Mais de savoir maintenant qu’on me considère comme un unifié…c’est une bonne nouvelle.

Je me suis même posé la question de ce que pensaient les autres de l’équipe. Il y a toujours un peu la crainte que les autres m’envient : pourquoi moi et pas eux. Pour moi c’est clair, j’ai pas le même statut qu’eux, je n’ai pas l’AI.

Mais ça ne m’a pas empêché de jouer, ni même les Goliaths qu’il y avait devant moi !!

Dans le premier match on était tous en confiance, il n’y avait pas de peur. C’était comme dans l’eau, facile à y aller, sans problème en face.

Dans le deuxième jeu j’ai eu l’impression que les joueurs de mon équipe avaient peur de s’affronter. C’est comme chaque fois qu’il y  a des grands, il y en a qui osent pas passer la barrière, ils ont peur de l’inconnu.

Sinon tout ce qu’on a vécu jusqu’à maintenant, c’était une surprise derrière l’autre venant d’un pays comme ça. Je m’attendais à tout à fait autre chose. Des collègues polonais au boulot m’avaient dit que ce serait assez fermé et qu’ils auraient de la peine à s’ouvrir, mais là je trouve plutôt le contraire.

On était plutôt heureux, surtout entre hier et aujourd’hui

La cérémonie de hier soir c’était joli, différent de Shanghai, mais super. »

 

                                                                 Rui.

 samedi 18.09.10

 

Difficile de croire que notre séjour ici est déjà terminé. Il y a d’un côté l’envie de prolonger un peu les « vacances », mais de l’autre, nous sommes tous impatients d’entrer dans le vif du sujet et de disputer notre premier match.

C’est avec émotion que nous prenons congé de nos hôtes et les 4 heures de car ne seront pas de trop pour digérer la chaleur et le standing de l’accueil.

Pendant que le paysage de lacs et de forêts défile sous mes yeux, je repense aux différents liens tissés avec ce pays et me laisse impressionner par l’incroyable évolution qu’il a connue. Tout a commencé en fait lors du tournoi Special Olympics européen de basket que notre club (à l’époque Cité Star Basket) avait organisé en 1997 suite à notre première sélection pour les jeux Mondiaux en 1995. Durant ce tournoi, notre équipe a logé dans le même chalet que l’équipe polonaise et grâce à la traduction d’un ami des contacts très forts se sont créés. La deuxième équipe d’Aloha a été invitée à son tour en Pologne puis un groupe de personnes handicapées d’une école de la région de Lublin est venue passer une semaine dans l’institution de laquelle est issue Aloha. Si le pays a beaucoup changé, qu’il s’est modernisé, la simplicité, l’authenticité et l’engagement humain des gens que nous avons rencontrés reste le même. Et c’est touchant de voir combien Yanos et Jérôme qui étaient du premier voyage se retrouvent dans cet environnement.

 

Cette chaleur, cette simplicité et cet engagement humain vont transparaître tout au long de la cérémonie d’ouverture d’aujourd’hui. Dans la halle où mous attendons et où se prépare le défilé déjà, l’ambiance est des plus chaleureuse. Il y a là 57 délégations de toute l’Europe et l’Eurasie Chaque délégation y est accueillie avec de nombreux applaudissements et peu à peu une hola se répand sur tout le pourtour des gradins. Puis c‘est l’entrée dans le stade, moment où montent les frissons ou les larmes, c’est selon…

Les discours sont brefs et mettent un point d’honneur à souligner la volonté et le fair play des athlètes Special Olympics. Madame la maire de Varsovie osera même faire un lien avec Solidarnosc. Musique classique, hommage à Chopin et danse accompagnent la prestation du serment, l’arrivée du drapeau et de la flamme. C’est ensuite un chanteur polonais qui met les volontaires de Varsovie en ébullition. Cette ferveur est contagieuse et peu à peu athlètes et coaches envahissent la scène finalement le chanteur de Simply Red amènera toute la salle à se trémousser, jamais je n’ai vu une cérémonie d’ouverture aussi vivante. Les étoiles brillent partout, dans le ciel, dans les effets de lumières et surtout dans les yeux de tous les participants.

Rien à voir avec la cérémonie grandiose des jeux de Shanghai, mais en toute simplicité, de la joie et du bonheur à l’état pur.

 

Je vous laisse partager les émotions de Sam, notre coach :

 

Happy Sam ;-)

 

Open Ceremony des jeux européens de Varsovie. Cela fait des jours, des semaines, que l’on me parle de cette cérémonie d’ouverture. Me voici enfin au jour « J ». Après quelques heures d’attente, nous voici dans les entrailles du stade. Je ne vois rien, mais j’entends au loin déjà la foule qui crie. On avance gentillement dans les couloirs et soudain au détour d’un pilonne, j’aperçois des flashs qui scintillent de partout, j’ai l’impression de voir les reflets du soleil sur l’eau mais en 10 fois plus puissant et on entre dans l’arène. A ce moment précis, j’ai eu l’impression que le temps s’est arrêté. Tous les poils de mon corps se sont irisés, mon souffle s’est coupé, mes pupilles se sont tellement dilatées que j’ai vu trouble, une longue minute à chercher où me situer, quelque part entre rêves et réalité. Tout autour de moi les gens crient, se lèvent, te prennent en photos, recrient, se relèvent, trop d’actions simultanées, j’ai comme une sacrée impression d’être complètement perdu, en 10 secondes un monde parallèle autour de moi s’est créé. Je vois mes joueurs laisser éclater leurs joies, j’avance, je fais un tour sur moi-même, je souris mais je reste bouche « B ». Je regardais la foule, je me demandais si il y’avait 10, 1'000, 20'000 personnes autour de moi en fin de compte peu importe de toute façon ce qui est sûr c’est qu’il y en avait beaucoup trop. J’avais l’impression de ne plus rien comprendre alors je me suis laissé bercer par la magie du moment, c’était un rêve réel, je vous laisse imaginer, c’est assez bizarre comme sentiment. Expérience qui vous laisse sans voix, c’est mythique, c’est phénoménal, c’est un truc de fou et encore tous ces mots ne sont pas assez forts pour vous expliquez mon ressentis. Pourtant ce soir je suis passé à deux doigts de l’arrêt cardiaque, je suis accros c’est génial j’en redemande !!!

 

 

vendredi 17 septembre 2010

 

La journée d’aujourd’hui s’est déroulée en 3 temps. Tout d’abord un entraînement puis le passage de la flamme olympique et finalement un magnifique tour en bateau sur le lac de Pisz.

L’entraînement d’aujourd’hui nous a montré que l’équipe est prête pour les jeux, tous les joueurs sont impatients de commencer le tournoi et prêts à donner tout ce qu’ils ont dans le ventre. Samuel insuffle à son équipe la rage de gagner et Pierre de son côté prend soin des tensions latentes des uns et des autres qui pourraient les empêcher d’être au top de leur forme.

Le passage de la flamme de l’espoir est un moment certes traditionnel mais toujours émouvant. Partie il y a un mois de Grèce, la flamme, portée par les policiers de plusieurs pays, circule actuellement dans les différentes villes accueillant des délégations pour converger demain vers Varsovie où aura lieu la cérémonie d’ouverture des Jeux Européens Special Olympics 2010. Deux basketteurs d’Aloha, Jérôme et Christian, ont eu l’honneur de parcourir en courant avec les policiers le dernier kilomètre de la mairie de la ville jusqu’au stade où s’est déroulé une petite cérémonie. Jérôme vous dira tout à l’heure ce qu’il en a vécu.

Pour conclure notre séjour ici, nos hôtes nous ont conviés à une magnifique excursion en bateau sur le lac J. Ros. Depuis 2 jours ils priaient pour que le temps nous soit favorable. Eh bien ils ont été très forts car si à 3 heures un gros orage s’est abattu sur la ville, une heure plus tard, il n’y paraissait plus rien et c’est sous un ciel radieux et chauffés par les rayons du soleil que nous avons dégusté ce moment.

Un petit tour en ville a conclu cette journée à nouveau riche de la beauté des lieux et de la chaleur de l’accueil.

Il est important que je vous parle aussi de la nourriture que nous avons dégustée ici. La cuisine de notre hôtel est largement régionale. Au buffet du petit déjeuner, nous trouvons de nombreuses sortes de viandes froides et de saucisses ainsi que des œufs, et des crêpes fourrées de compote de pommes. Le midi se compose généralement d’une soupe, d’un plat de pomme de terre purée aromatisée à l’aneth, d’une viande ou d’un poisson panné et d’un légume, choux ou betterave rouge ainsi que d’une pâtisserie pour le dessert. Le souper est plus simple : viande froide, fromage, pierocjki (sorte de ravioli), ragoût ou croquettes. Le choux est vraiment omniprésent dans la cuisine polonaise.

 

A Jérôme maintenant de vous raconter sa journée et ses impressions de voyage.

« Ma journée s’est bien passée. J’suis content d’être en Pologne pour la deuxième fois. On est en train de visiter un endroit que j’avais jamais visité. C’est très très joli et j’aurais bien voulu y rester mais je sais qu’on est là que pour 3 jours.

Les gens sont très accueillants. Mercredi, lorsque l’on est arrivé au centre d’accueil, les volontaires nous ont applaudis et ça m’a touché.

J’ai bien aimé l’entraînement de ce matin, comme hier on a bien rigolé. Après, lors des matches, ce sera plus sérieux, il y aura plus de pression que ce qu’on connaît quand on joue en Suisse. Ici, il y a de l’émotion et ça me fait pression et ça m’encourage à ne pas faire de fautes, à écouter ce que disent Michaël et Yannick (les joueurs partenaires) et à être à mon affaire.

Après j’ai accepté de courir avec la flamme olympique. Après l’entraînement, c’était crevant, j’avais mal aux pieds et j’étais content d’arriver dans le stade. Au début tous les gamins des écoles sont venus nous dire bonjour, ça me touche. C’est comme hier, là où on s’entraîne, les enfants étaient collés à la vitre de la salle pour nous voir jouer. D’un côté, j’aurais bien aimé faire un entraînement avec eux pour leur permettre de nous connaître et nous aussi.

 

L’arrivée de la flamme c’est pour moi le début des jeux. C’était une joie de courir avec l’équipe qui a porté la flamme, ça m’a fait plaisir, j’aimerais bien une fois porter la flamme. Aldo nous a expliqué le parcours, c’est impressionnant comme ça vient de loin. La flamme de l’espoir, c’est pour être joyeux, content, je trouve que le nom il est bien choisi.

J’ai bien aimé le tour en bateau, j’suis juste un peu déçu de pas avoir vu d’oiseaux ou d’animaux.

La délégation elle est super chouette, extraordinaire, agréable, on rigole bien. On pourrait essayer de se mélanger un peu plus pour mieux se connaître…de toute façon, le voyage n’est pas fini. J’suis assez content de  partir avec une équipe comme ça. J’aime bien la photographe, elle a le sens de l’humour et sais bien rigoler, elle est sympa. »

Jérôme Bérard.

 

PISZ 16 SEPTEMBRE 2010.Commentaire de Pierre

Je retrouve la Pologne onze ans après avoir participé avec Aloha aux jeux nationaux polonais en 1999. C’est avec une très grande émotion que je retrouve ces lieux de nos premiers exploits avec les basketteurs d’Aloha. J’ai une pensée émue pour Wojtek qui nous avait permis de vivre les jeux de 1999 et qui a rejoint les étoiles depuis.

 

L’accueil de nos hôtes à Pisz est de celui qui donne chaud à l’âme, pas de chichis ni de tape à l’œil mais l’envie de partager un moment, de tisser des liens, de découvrir que nos différences sont des atouts et non des manques.

 

Cette journée a été consacrée à cela. Je découvre une délégation, qui, passé le temps de la timidité et des craintes de l’inconnu, se découvre des capacités de vivre ensemble autour d’un même projet et est d’accord de se laisser guider par nos hôtes à la découverte de la Mazurie pays des mille lacs et des forêts productrices de la pive, richesse et renommée de la région.  Et puis il y a eu ce moment avec les animaux d’un parc animalier où chacun a découvert ou redécouvert les joies de tenter d’apprivoiser la biche, la chèvre, l’âne et autre animal de notre enfance, moment magique.

 

Je pense aussi que le lieu tranquille qu’est notre hôtel, les repas pris en commun, les entraînements dans des lieux agréables et au milieu d’enfants curieux de voir nos athlètes ainsi que leurs tentatives de nous approcher, ont contribué a consolidé les liens entre nous dans la continuité de ce qu’a été le camp de délégation à Macolin.

 

Je pense que des moments comme ceux-là donnent de la couleur et de la valeur à notre délégation et présage de beaux moments à Varsovie pour les jeux.

 

                                                                                              Pierre Moncalvo

 

 

 

 

jeudi 16 septembre 2010

Au programme d’aujourd’hui : entraînement le matin puis visite d’un centre sylvicole de récolte de graines d’arbres et d’un parc animalier.

La salle de gym d’un collège proche de notre hôtel est mise à notre disposition pour 2 heures d’entraînement. Les enfants privés de leur heure de gymnastique s’agglutinent aux fenêtres pour observer ces athlètes que l’on dit spéciaux. 2 samaritains assurent notre sécurité et tout le personnel de l’école se met en quatre pour nous offrir les meilleures conditions possibles. Pendant que l’équipe « mouille la liquette », Pierre et moi partons en expédition dans la ville pour acheter les cartes postales nécessaires à remercier nos sponsors. La postière nous regarde ahurie lorsque nous lui demandons 120 timbres pour nos cartes…

Douche et repas de midi sont pris à l’hôtel puis nous montons dans le car qui nous emmènera pour une après-midi de riches découvertes.

Pisz est située dans la région de Mazurie, nommée également district des 1000 lacs. Eau et forêt se partagent le paysage sous un ciel tantôt tempétueux, tantôt bien dégagé.

Le centre sylvicole que nous visitons récolte les pives des différentes essences d’arbres des forêts environnantes et par un procédé de séchage et de chauffage en extrait les graines qui permettront de reboiser les surfaces abattues. C’est le plus ancien de ces centres encore en fonction.

Le parc d’animaux est perdu au bout d’un chemin de terre juste assez large pour laisser passer notre car. Au début on n’y accueillait que des animaux blessés ou malades, mais peu à peu des naissances ont eu lieu et l’on y trouve maintenant de grands troupeaux de chèvres e toutes sortes, de cerfs ainsi que de nombreux oiseaux, certains en semi-liberté. Nous avons pu acheter des aliments que les chèvres se sont âprement disputées dans nos mains.

La journée s’est terminée par la soirée officielle qui réunissait dans notre hôtel, les délégations de Suisse et du Liechtenstein ainsi que les autorités communales et du district. Cette soirée, agrémentée de quelques discours, échange de cadeau et d’une animation de cracheurs de feu s’est déroulée en toute simplicité mais de façon très chaleureuse, à l’image de notre séjour ici.

Je laisse maintenant la parole à Gabriel qui a bien voulu nous livrer son vécu de cette journée.

 

« J’ai fait un bon voyage et ça me fait plaisir d’être avec tous mes copains du basket car je n’ai pas souvent l’occasion de les connaître en dehors des matches et entraînements.

Aujourd’hui, ce qui m’a surpris, c’est l’entourage que j’ai vu à la salle de sport. E suis touché par la différence que je ressens avec les façons d’être et de faire des gens d’ici.

J’ai bien aimé la sortie avec les animaux. Ça m’a surpris qu’on nous laisse en liberté dans les enclos avec les animaux. Il fallait un certain courage pour aller dans le parc où il y a toutes sortes de bêtes plus ou moins grosses en liberté autour de nous.

Ce qui me surprend dans le paysage, c’est qu’il y ait autant de nature que ça.

Accueil à l’hôtel est parfait, la nourriture et l’organisation sont très bien.

Il y a beaucoup de choses qui me surprennent, mais c’est bien.

J’espère vivre tout au long du séjour autant de rencontres et de découvertes qu’aujourd’hui. »

 

 

 

 

MERCREDI 15 SEPTEMBRE

 

Enfin partis !!

Lorsque le réveil sonne à 5h, c’est vraiment la perspective de vivre à nouveau des moments hors du commun  qui nous donne la motivation à se lever.

5h45 premier rendez-vous à la Belle Etoile à Châtel-St-Denis où nous attend notre chauffeur ainsi que le bus que le directeur de cette institution a mis généreusement à notre disposition. Outre Pierre et moi, nous embarquons Yannick, l’un de nos joueur unifié et Christian dont c’est la première expérience de voyage avec nous. Deuxième étape : Vevey où Jérôme puis Yanos nous rejoignent. De là nous faisons route jusqu’à Lausanne où nous retrouvons les autres membres de l’équipe : Rui, Tony, Gabriel et le coach Sam. Un oubli de passeport provoquera quelques minutes de retard, mais nous finirons par prendre sereinement la route en direction de Zürich, via Yverdon. Pierre prend un moment pour évoquer la défection subite de Sébastien et Melwyn. Il est important que chacun soit bien au clair sur le fait que cette décision n’est pas liée au basket ou à l’équipe, aucun d’entre nous ne porte donc de responsabilité quant à cet état de fait. Une fois cela mis au clair, c’est dans un esprit très positif et une ambiance détendue que nous roulons sans encombre jusqu’à Zürich.

A Kloten, autour d’un café nous retrouvons Michael (notre second joueur partenaire), les tennismen et women ainsi que les gars et filles de l’athlétisme. Avec Cäcilia (notre cheffe de délégation), Aldo (son assistant) et Chantal (celle qui vous racontera tout de ce voyage sur Facebook et vous enchantera de ses photos)  notre délégation est au complet. Le check in collectif est impressionnant, vu la taille de nos sacs !

C’est avec un petit quart d’heure de retard que nous nous envolons enfin vers notre destination. Le vol est plutôt calme, juste quelques turbulences à la traversée des nuages lors du décollage et de l’atterrissage.

Au moment de fouler à nouveau le sol de Varsovie, j’ai un fort moment d’émotion à la pensée des nombreux contacts créés déjà entre notre club et ce pays et à l’ami qui a rendu cette belle histoire possible. Je prendrai certainement le temps de vous en parler ces prochains jours.

A la sortie de l’aéroport, un car nous attend à bord duquel nous allons traverser tout Varsovie pour nous rendre au centre d’enregistrement. Yanos et Jérôme commencent à évoquer les souvenirs de leur précédent voyage ici et reconnaissent au passage certains bâtiments du centre ville. Pendant que Cäcilia contrôle nos accréditations et règle les derniers détails, nous recevons un lunch box bienvenu qui nous permettra de patienter jusqu’au souper prévu dans notre Host Town, c’est-à-dire la ville dans laquelle nous serons accueilli pour ces premiers jours d’acclimatation. Nous découvrons aussi les deux jeunes filles volontaires (Ada et Yvona) qui accompagneront notre délégation tout au long de ce séjour et nous aiderons à communiquer avec nos hôtes.

Dès les formalités terminées, nous reprenons place dans le bus pour un trajet de 4 heures environ jusqu’à Pisz, ville située au nord de Varsovie dans la région de la Mazurie. Une fois sortis de la ville, le temps pluvieux fait place à une belle soirée ensoleillée. Nous traversons de magnifiques paysages de campagne, de forêt et de toundra parsemée de quelques bouleaux. Au bord de la route nous apercevons de nombreux vendeurs de champignons qui en disent long sur l’abondance des chanterelles et autres bolets dans les forêts. A coucher du soleil le ciel est d’un magnifique rouge-orangé qui rend ce paysage féérique. 

C’est de nuit que nous arrivons à l’hôtel qui a l’air juste splendide…mais ça je vous le raconterais demain, car ce soir, après un bref repas, nous sommes tous bien contents de rejoindre nos chambre pour un peu de repos.

 

Juste vous dire encore le plaisir qui est le nôtre de se déplacer avec une telle équipe. La majorité de nos joueurs ont l’habitude de voyager et c’est avec beaucoup de délicatesse qu’ils entourent les moins expérimentés. Au sein de la délégation, l’ambiance est vraiment très bonne et déjà se  nouent les premiers contacts avec les volontaires qui nous accompagnent. Je ne me lasse pas de voir se tisser des liens si forts et si riches grâce et autour des athlètes Special Olympics. J’aimerais pouvoir partager avec vous l’admiration qui se lisait dans les yeux des volontaires auxquelles nous racontions le parcours fait par Yanos grâce au sport et la façon dont il a retrouvé goût à la lecture et à l’écriture parce qu’il voulait tout savoir sur le basket et sur les pays dans lesquels il allait voyager.